Le cercle des poètes a-t-il vraiment disparu ?

Il y a de très belles personnes en ce monde, on les a parfois côtoyées longtemps, et c’est finalement des années après qu’on ouvre les yeux sur leur valeur.

deadpoetsocietyQuand j’étais au collège, à Saint-Etienne, j’ai eu pendant 3 ans dans ma classe – de la 4ème à la seconde –  un garçon, Stéphane, qui est aujourd’hui professeur de français. J’ai souvenir d’un garçon d’une immense gentillesse, ouvert, toujours souriant, jamais moqueur, là où la plupart d’entre nous n’étions à l’époque que des adolescents pubères et goguenards. En 1991, j’ai quitté Saint-Etienne, et pendant des années, je n’ai eu que des nouvelles très lointaines de lui. Puis, par les hasards de la vie (et de la toile), nous sommes devenus amis sur facebook il y a environ 5 ans, et ce que j’ai découvert à travers sa page m’a énormément touchée.

Stéphane a dans ses contacts un grand nombre de ses élèves, passés et présents, et nombre de messages élogieux et reconnaissants qu’il reçoit de leur part montrent à quel point il est un enseignant exceptionnel. Indéniablement, il tient une place à part dans la mémoire de tous les jeunes qui ont eu la chance de traverser une année scolaire avec lui et, je l’avoue, j’aurais rêvé avoir un tel professeur à 15 ans.

moiIl a notamment mis en place avec ses classes de 3ème un outil que pour ma part je trouve fabuleux : le dossier ‘Moi’, dont j’ai fini, alors qu’il m’intrigue depuis des années, par lui demander hier les sujets 2013.

Bien loin des sujets de rédaction bateaux qui nous inspiraient parfois de façon très relative, le dossier ‘Moi’ est un exercice autobiographique, une invitation à partir à la découverte de soi-même.

Il propose, autour de plusieurs catégories (Récits de souvenirs, évaluation de soi, projets d’avenir, rêves…), de traiter de sujets hautement introspectifs, à choisir parmi une quarantaine de thématiques :

– Des micro-souvenirs de sensations : une odeur, une saveur, un bruit, un geste…
– Description d’objets auxquels vous tenez, raison de cet attachement, évocations associées
– Faites un bilan : « Ce que j’ai gagné, ce que j’ai perdu en grandissant » : façons d’être, marge de liberté, activités, etc.
– Faites une description de vos rêves les plus fréquents
– Ecrivez à vous-même une lettre dans dix ans : ‘J’espère que tu as fait ceci, qu’il t’est arrivé cela, que tu as…, n’oublie pas qu’il y a dix ans tu…’
– Votre curriculum vitae fabuleux : prodiges annonçant la naissance, circonstances extraordinaires de la venue au monde, premiers exploits…

… et nombre d’autres sujets passionnants.

Au-delà de l’exercice en lui-même que je trouve particulièrement intéressant à faire, à un âge où l’adulte que nous serons commence à poindre, où tous les rêves sont permis et tous les choix encore à faire, j’ai été frappée par la dernière consigne du dossier : ‘J’aimerais aussi je crois que ce dossier vous aide à avoir une belle image de vous, de votre vie.’

De nos jours, quel professeur se soucie encore de veiller à la construction d’adultes équilibrés et heureux, en leur permettant de voir le meilleur en eux-mêmes ? Combien croient encore en ce qu’ils font et considèrent l’école comme un endroit privilégié pour se doter des outils pour se construire un futur idéal ? Je ne pense pas me tromper beaucoup en disant qu’ils sont peu, et Stéphane en fait partie.

On n’apprend pas à être humain, mais visiblement certains, comme lui, sont sans conteste plus prédisposés que d’autres… Ô Capitaine ! Mon capitaine !

reves

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Si Zazie le dit…

Il y a deux nuits j’ai rêvé d’un ancien amoureux. Une histoire brève mais intense. C’était un rêve singulier, dans lequel je me promenais au bord de la mer avec mes filles, et où je tombais sur lui par hasard. Après avoir hésité à se parler, on se demandait vaguement des nouvelles l’un de l’autre, on se parlait de nos vies actuelles, puis rapidement on ne savait plus quoi dire ni quoi faire, hormis échanger quelques sourires gênés.

T’as pas changé, qu’est-ce que tu deviens ? Tu t’es marié, t’as trois gamins…

Avant ce rêve, les quelques fois où il m’était arrivé de repenser à lui, c’était comme à un personnage de roman, comme si l’histoire n’avait été qu’inventée et pas réellement vécue. Il faut dire que ça remonte à loin maintenant, raison de plus pour m’interroger sur le pourquoi de cette incursion nocturne.

En y repensant, j’ai réalisé qu’au cours de notre parcours amoureux, on sème par-ci par-là, au gré des histoires – grande épopée romantique ou histoire fugitive -, des bribes de nos coeurs, tels des petits poucets. Et en général, personne ne nous les rend. Alors parfois, ces bulles éclatent sans crier gare, laissant remonter un souvenir ou deux à la surface, étrangement vivace ou totalement embrumé.

Même quand la mémoire s’est assoupie, même quand les amours anciennes sont mortes depuis longtemps, comme le chante Zazie avec beaucoup de simplicité et de justesse, les traces, elles, sont toujours là.

Zazie – Ca – Album Totem (2007)

On oublie les adresses
Comme les gens qui nous blessent
On oublie sans cesse
Les jours d’anniversaire et nos clés, les repères, on les perd
On oubliera les chaînes de nos vies qui se traînent
On oublie quand même
Mais il est une chose à laquelle nous resterons fidèles

Les yeux, la voix, les mains, les mots d’amour ça reste là
Le jour et l’heure, la peau, l’odeur, l’amour ça reste là
C’est fort encore 
C’est mort d’accord
Mais ça ne s’oublie pas 
Ne s’oublie pas, ça
On n’oublie pas

Cloud Atlas, ou le miracle cinématographique

affiche-francaise-cloud-atlasEn ce moment, je me fais un peu paresseuse sur la Biancat’s Room : la rentrée, les devoirs, le Pôle Emploi… tout ça, ça prend du temps. Mais il fallait quand même que je sorte de ma grotte (ou que j’y revienne, c’est selon) pour vous parler du film Cloud Atlas.

Cloud Atlas, pour ceux qui ne l’ont pas encore vu, c’est le dernier film en date (mars 2013) des Wachowski (j’allais écrire frères, mais maintenant qu’ils sont frère et soeur, c’est plus compliqué). Fait notable, ce film a été réalisé à six mains, avec l’allemand Tom Tykwer (Le Parfum, Cours, Lola Cours). Il s’agit de l’adaptation du livre Cloud Atlas, la cartographie des nuages de l’écrivain britannique David Mitchell. L’idée de départ me faisait envie, le moins que l’on puisse dire, c’est que je me suis pris une claque.

À travers une histoire qui se déroule sur cinq siècles dans plusieurs espaces-temps, des êtres se croisent et se retrouvent d’une vie à l’autre, naissant et renaissant successivement… Tandis que leurs décisions ont des conséquences sur leur parcours, dans le passé, le présent et l’avenir lointain, un tueur devient un héros et un seul acte de générosité suffit à entraîner des répercussions pendant plusieurs siècles et à provoquer une révolution. Tout, absolument tout, est lié.

Comment parler de Cloud Atlas ? Film fantastique (de SF ?), film choral, film de genreS, film sur la vie et le cosmos… Quel que soit le qualificatif dont on l’affuble, ce qui est sûr c’est que Cloud Atlas est une expérience cinématographique hors normes. Une expérience comme je n’en avais pas vécue depuis The Fountain de Darren Aronofsky, dont l’étrangeté et la poésie m’avaient renversée il y a quelques années. Dans une interview, les Wachowski ont dit que le livre de David Mitchell leur était ‘tombé dessus comme un météore cosmique’, c’est à peu près ce que j’ai ressenti à la vision de leur film.

Une structure riche et complexe, mais une grande unité d’ensemble

Cloud Atlas n’est pas qu’un film, c’est en fait six films en un – dont 3 ont été réalisés par les Wachowski et 3 par Tom Tykwer -, six histoires avec leurs personnages, leur genre et leurs codes (du film d’époque au film de science-fiction en passant par la comédie à l’anglaise et le thriller stylé années 70 où l’on pourrait voir surgir un Robert Redford époque ‘Les trois jours du condor’), et leurs propres enjeux dramatiques. Ce qui est déjà en soi un sacré défi.

A ce titre, Cloud Atlas est long (2h45), dense et riche. Le genre de film dans lequel il faut plonger et qu’on ne peut pas regarder que d’un oeil, au risque de passer à côté. Il faut en effet de l’attention pour saisir l’unité de ces 6 récits se déroulant dans différents lieux et différentes époques, du XIXème au XXIIIème siècle :

1849, Océan Pacifique, ou les aventures du jeune notaire Adam Ewing (Jim Sturgess) au temps de l’esclavage

1936, Ecosse, ou les drames artistiques et sentimentaux du jeune compositeur bisexuel Robert Frobisher (Ben Whishaw)

1973, Etats-Unis, ou l’enquête périlleuse de la journaliste Luisa Rey (Halle Berry) sur une grande multinationale

2012, Grande-Bretagne, ou les mésaventures burlesques de l’éditeur Timothy Cavendish (Jim Broadbent),

2144, Neo Seoul en Corée, ou la rébellion du clone Sonmi-451 (Doona Bae), dans un futur stylisé à la Blade Runner

XXIIIème siècle dans un futur post-apocalytique, quelque part sur Terre, ou la lutte pour la survie de l’humanité de Zachry (Tom Hanks).

Cloud-Atlas-personnagesCes 6 histoires vont, à travers des liens plus ou moins ténus (parfois un simple effet de montage), finir par ne former qu’un seul tableau, tel un fleuve unique traversant le temps. Les mêmes êtres (âmes ?) vont traverser ce flot d’événements, en changeant, au fil des incarnations, de noms, d’origines, de sexe parfois, s’influençant les uns les autres souvent à leur insu, pour former une grande symphonie cosmique.

Au final, le film s’affranchit de l’espace et du temps, les liens entre les personnages se répondant en dépassant toute notion de temporalité : le passé influençant le présent, certains personnages rêvant du futur… Dans une ronde d’un éternel présent où tout serait lié.

Une vision attentive du film (je l’ai regardé 2 fois en 2 jours) met à jour une myriade de détails, parfois aussi infimes qu’une image fugace, qui relient les histoires les unes aux autres. Le plus évident étant bien sûr que les acteurs sont les mêmes d’une histoire à l’autre, chacun d’entre eux tenant ainsi jusqu’à 6 rôles dans le film. La performance des maquilleurs et des acteurs est d’ailleurs assez remarquable, et donne un côté ludique à l’ensemble que j’ai beaucoup apprécié.

Cloud Atlas : un film miroir

Les thèmes abordés dans le film sont nombreux. Pourtant, comme c’était déjà le cas pour la trilogie de Matrix, le film n’assène pas de vérités et n’offre pas de vision unique : chaque spectateur peut le lire avec son propre prisme et y voir ce qu’il souhaite y trouver. Interprétation exotérique pour certains, ésotérique pour d’autres.

cloud-atlasAinsi, on pourra y trouver de multiples notions :

le bien et le mal, bien sûr, certains personnages – ceux d’Hugo Weaving, Hugh Grant ou Jim Sturgess par exemple – incarnant des archétypes immuables et intemporels,

la lutte pour la liberté et contre toute forme de coercition (l’esclavage, le capitalisme, le système, l’enfermement, les préjugés…),

l’amour éternel qui traverse le temps (les couples Jim Sturgess / Doona Bae, Tom Hanks / Halle Berry),

la transmission et l’inspiration

le déterminisme et l’origine de nos choix (‘Choisissez de faire ce que vous ne pouvez pas ne pas faire’),

l’effet papillon ou comment une phrase entendue dans un film du XXème siècle peut finalement déboucher sur une révolution un siècle plus tard.

Les thèmes de la transmission et de la lutte sont particulièrement importants dans le film et constituent le lien entre toutes les histoires : chaque personnage principal de chaque époque est inspiré par le héros de l’histoire qui le précède dans le temps (par la lecture d’un journal de bord, de lettres du passé, ou par la vision d’un film…). C’est cette inspiration qui va les animer et leur donner l’énergie de lutter. Ce flambeau transmis d’un être à l’autre est symbolisé par la tache de naissance en forme de comète que porte chacun d’entre eux. La marque du héros.

Les interprétations ésotériques de Matrix étaient déjà très riches, celles de Cloud Atlas ne le sont pas moins. Ainsi, si l’on chausse des lunettes moins cartésiennes (ce que j’ai décidé de faire pour ma part), on y verra les thèmes suivants :

la réincarnation : ‘Je crois que la mort n’est qu’une porte. Lorsqu’elle se ferme, une autre s’ouvre. Si je devais imaginer le paradis, je le verrais comme une porte et derrière elle, je le retrouverais, m’attendant’

le karma : ‘La nature de nos vies immortelles s’enracine dans les conséquences de nos paroles et de nos faits’… ‘Et chaque crime, chaque acte de bonté construit notre futur’,

la progression et l’évolution des âmes, à travers les personnages incarnés par Tom Hanks notamment,

la synchronicité,

l’unité de l’univers (tout est un, interconnecté et lié) : ‘Nos vies ne nous appartiennent pas. Du berceau à la tombe, nous sommes liés les uns aux autres. Passé et présent.’

Interprétations exotériques ou ésotériques, peu importe, ce sont au final autant de sujets de réflexion qui font de ce film un grand film… et qui ont peut-être aussi contribué à son échec commercial. Pour ma part, je crie au miracle quand le cinéma atteint cette dimension-là et j’en redemande.

Avec Matrix, les Wachowski nous conviaient à une réflexion vertigineuse sur la notion de réalité, ici ils nous invitent à nous pencher sur la nature-même de notre humanité et la portée de nos existences. Comme ils le disent eux-mêmes, leur ambition est de ‘faire des films qui peuvent libérer le spectateur, lui faire abandonner ses préjugés, changer ses perspectives, son point de vue sur le monde’. De mon point de vue : c’est un pari réussi.

 

Cure intensive de super-héros

super heros

Ces derniers mois, j’étais un peu en retard sur le visionnage des sorties super-héroïques récentes. Il faut dire que la production de films du genre est assez soutenue et parfois je perds un peu le fil. A mon retour de vacances, j’ai donc fait un rattrapage express avec Iron Man 3Man of steel et Wolverine : le combat de l’Immortel.

Mon impression générale est d’avoir globalement passé de bons moments, mais au final rien de très neuf sous le soleil (de Krypton). En matière de super-héros, j’étais restée sur mon impression de The Dark Knight Rises qui m’avait énormément plu, avec des enjeux dramatiques à la hauteur de la noirceur du personnage (extrêmement bien servie par Christian Bale). J’étais ressortie de la salle la larme à l’oeil, avec ce sentiment que j’aime d’avoir été scotchée au fond de mon fauteuil.

Pour mes trois dernières séances, pas d’émotion démesurée : plutôt de l’ultra-divertissement, mais comme je le disais dans ma critique de Star Trek – Into Darkness, je ne boude pas ce type de plaisir, bien au contraire. En prendre plein les yeux, ça fait aussi partie du contrat dans le cinéma fantastique et en particulier pour les films de super-héros.

Man of Steel ou le relooking de Superman

man of steel

Hormis l’épisode Superman Returns de 2006, Superman était un des super-héros les plus poussiéreux. Zack Snyder a donc eu la bonne idée de le rebooter.  Qui dit reboot, dit pas de grande nouveauté côté scénario, même si les scènes du début sur Krypton et le parti-pris de raconter la jeunesse de Clark sous forme de flash-backs plutôt qu’en linéaire, sont plutôt intéressantes.

L’intérêt de Man of Steel réside surtout dans son aspect visuel et spectaculaire et de ce côté-là, on est largement servi. Rappelons que Zack Snyder a réalisé il y a quelques années 300, qui est à mon sens une merveille visuelle. Il n’a donc pas perdu la main pour les belles images. A ce titre, les visions de Krypton, dans une esthétique entre Matrix, Alien et Predator, sont vraiment dépaysantes et splendides.

De bons points également côté casting, avec les deux papas Russell Crowe et Kevin Costner, que j’ai eu beaucoup de plaisir à retrouver (oui, c’était l’idole de mon adolescence…), Henri Cavill, qui colle totalement au personnage de Superman et une Amy Adams que je n’attendais pas dans ce rôle mais qui se révèle au final assez surprenante en Loïs Lane.

Pas de grande surprise, donc, mais l’occasion de (re)planter l’univers de Clark Kent / Kal-El avec une nouvelle esthétique et d’ouvrir la voie aux opus suivants.

Wolverine : le combat de l’Immortel, semi-réussite ou semi-déception

wolverine le combat de l'immortel

En moyenne, les épisodes de X-Men de la trame principale (Episodes 1, 2, 3 + X-Men le commencement) sont plutôt de bonne facture et bien réalisés. Il n’en est pas de même pour X-Men Origins : Wolverine, que j’avais trouvé très en-dessous et pas toujours cohérent avec les autres films. Avec ce deuxième épisode consacré à Wolverine, même s’il est meilleur, on n’atteint à mon sens pas encore la qualité des 4 autres épisodes.

Cependant, j’ai aimé retrouver le très sexy Logan et ses griffes d’acier (pardon, en adamantium) même si, dans une grande partie du film, Jason Statham aurait pu le remplacer sans problème dans le rôle principal, dans son costume du Transporteur, les griffes en moins. Une jolie fille à protéger, une Audi, de méchants yakusas, des combats et des poursuites, pour esquisser un tableau un peu trop bessonien à mon goût. Avec un petit manque de ce qu’on aime surtout dans les X-Men : les mutants.

Malgré tout, le film ne manque pas d’attraits : même si le jeu de Hugh Jackman n’est pas toujours subtil (en même temps, c’est aussi le personnage qui veut ça), il est intéressant de voir un Wolverine torturé, en prise avec ses remords et le fantôme de Jean Grey, ployant sous le poids de son immortalité et à la recherche de son identité et du but de son existence. Interrogations qui renvoient à la question qu’on s’est peut-être déjà posée de savoir ce qu’on ferait nous-mêmes si nous étions des X-Men (qui n’a jamais fantasmé sur le fait d’être télépathe, de traverser les murs, d’avoir une paire d’ailes dans le dos ou d’être immortel ?).

Avec la scène cachée post-générique (tant pis pour ceux qui quittent la salle trop tôt), le réalisateur replace enfin le film dans la timeline X-Men principale, avec un teaser très alléchant pour le prochain épisode (avec Omar Sy en mutant, excusez du peu ^^).  Ainsi, ce Wolverine se positionne, plus qu’un vrai X-Men, comme un épisode de transition qui permet au personnage de se remettre le pied à l’étrier et sert de rampe de lancement au prochain. J’y allais sans grandes attentes, je l’ai donc apprécié.

Iron Man 3 : héros costumé ou costume héroïque ?

iron man 3Iron Man n’est pas un de mes super-héros préférés. J’aime beaucoup l’humour et l’interprétation sexy (encore un…) et décontractée de Robert Downey Jr., mais le personnage manque un peu – mais cela n’engage que moi – de profondeur et d’intensité. (mais finalement, n’est-ce pas pour son irrésistible superficialité qu’on l’aime ?)

Pour autant, j’ai beaucoup apprécié un scénario malin – dont je ne dévoilerai pas le fin mot au risque de spoiler – qui offre un rôle savoureux à Ben Kingsley, les scènes d’action ultra-spectaculaires et les loupés comiques du héros qui ne l’est pas toujours – pour notre plus grand bonheur – dans ce numéro 3 (c’est le problème quand on n’a pas de super-pouvoirs et qu’on compte seulement sur la technologie et son génie !).

Ainsi dans ce 3ème épisode, pas de grandes émotions ou d’existentialité vertigineuse mais un blockbuster efficace et une interrogation intéressante : est-ce l’homme qui fait le costume ou le costume qui fait l’homme ?

Après cette remise à niveau, j’attends donc maintenant avec impatience pour l’année prochaine The Amazing Spiderman 2 (dont j’avais adoré le reboot même si je m’étais interrogée sur son utilité vu la qualité de la trilogie de Sam Raimi, mais bon, j’ai un gros faible pour Spidey…), X-Men – Days of the future past, et j’ai hâte d’en savoir plus sur la suite de Man of Steel avec un surprenant featuring Batman / Ben Affleck.

Enfin – désolée je n’ai pas pu m’en empêcher – mais pour moi Batman, c’est lui ^^ :

 

Ma Madeleine de Proust

Hier soir, il s’est passé un phénomène étrange et inattendu.

nos dessins animés 70-80

Nous étions à table, et je racontais à Chéri que comme c’était mercredi, les fripouilles et moi avions regardé La Belle au Bois dormant de Walt Disney. De fil en aiguille, nous avons dérivé sur les dessins animés et les chansons de notre enfance.

A ce titre, je fais une parenthèse pour ceux qui sont de la génération ‘adulescente’ comme moi. J’ai découvert il y a environ deux ans un livre extraordinaire sur les dessins animés de mon enfance, qui m’a permis entre autres de retrouver un dessin animé de l’époque que je n’aurais jamais identifié sans cela.

Il s’agit de Nos Dessins animés 70-80 de Florence Sandis paru en 2010 : un livre extrêmement bien documenté qui balaie tous les personnages que nous avons aimé dans notre enfance, de Candy à Jeanne et Serge en passant par Goldorak (de retour récemment sur la chaîne Mangas, et oui, j’avoue, j’ai regardé ^^).

Goya-Chantal-Mon-Ami-Le-Pelican-Papa-Ballon-45-Tours-865107721_MLMais bref, de souvenirs en souvenirs, nous avons commencé à chanter de vieilles chansons d’enfance (qui d’entre vous connaissait Petit Jean ??) et nous sommes arrivés sur l’inénarrable et inoubliable Chantal Goya. Je me suis alors rappelé d’un 45 tours que j’avais, qui parlait de pélican, et dont j’avais gardé un souvenir plutôt flou. En fait, je ne me souvenais que de la couverture du disque : Chantal chevauchant gaiement un pélican dans les étoiles (finalement ce n’est pas pire qu’un soulier magique…).

Par curiosité, j’ai cherché le titre sur Youtube, j’ai lancé la vidéo, et au moment où Chantal a commencé à chanter le refrain, j’ai été envahie par une émotion intense qui m’a fait monter les larmes. J’ai fait un bond de 30 ans (bon, peut-être un peu plus…) en arrière, je me suis revue dans ma chambre de petite fille sur ma moquette rose, assise près de mon mange-disques orange, en train de chanter avec Chantal.

Comme Proust et sa madeleine, la voix de Chantal et le crrrou crrrou du pélican m’avaient fait faire un voyage instantané dans le temps.

mange-disquesCe n’est qu’après que je me suis penchée un peu plus sur le ‘clip’, qui est à lui seul un grand moment d’anthologie. Chantal, sa robe, sa danse, son éternel playback, l’allure hallucinante du public avec au premier rang la reine Elisabeth II herself, Dany Saval et son chien, des bonhommes costard-cravatés (‘suited up’ dirait Barney de How I met Your Mother), des mamies tapant des mains au rythme de la musique de Chantal, le berger allemand au milieu de l’allée, la crèche vivante… Tout un poème, les années 80 dans toute leur kitscherie et toute leur splendeur.

J’ai réalisé que je n’avais pas ré-entendu cette chanson depuis mon enfance. Comme un souvenir qui reposait au creux de ma mémoire, attendant patiemment d’être défriché pour délivrer sa dose de nostalgie et d’émotion. J’en ai profité pour dire à mes filles de savourer chaque instant de cette merveilleuse période qu’est l’enfance, parce que c’est maintenant qu’elles préparent elles aussi leurs propres madeleines, dont le parfum les émouvra aussi au moment où elle s’y attendront le moins.

Amour vache

20090503_6101-cCurieux phénomène, depuis la rentrée, mes poupettes sont littéralement amoureuses de leur maman (= moi). Après ces deux mois d’été passés ensemble, les séparations de la rentrée sont parfois un peu difficiles et j’essuie encore quelques larmes sur leurs visages.

Du coup, les retrouvailles du midi et du soir sont ultra-affectueuses et elles me disent à peu près 50 fois par jour qu’elles m’aiment. Ce qui me réjouit au plus haut point car finalement, qu’y a t-il de plus beau et plus touchant qu’un enfant qui vous exprime son amour ? Pas grand chose.

Ainsi, hier soir à table, Grande Fripouille me dit, les yeux enamourés : ‘Maman tu sais je t’aime très fort, tu sais ce que ça veut dire ‘très fort’ ? Ca veut dire ‘beaucoup’, tu sais c’est comme quand on dit ‘taper très fort’ ‘.

Hum… Je ne sais pas trop ce que je dois comprendre de cette analogie, mais le fait est que oui, moi aussi je l’aime très fort 🙂

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Les recettes de Super Mum pour un anniversaire réussi

Pour achever cette semaine de rentrée, nous avons fêté hier après-midi les 6 ans de Grande Fripouille. 13 nains plus tard (et pas 14, j’avais dû inventer celui-là par superstition), on avait certes une maman épuisée mais une fripouille ravie, mission accomplie on dirait, non ?

Petit un : pour un anniversaire réussi, il faut d’abord un beau gâteau et là je dois dire que je ne suis pas peu fière (ça c’est mon côté Monica Geller / Bree Van de Kamp). Voici donc les photos de mes créations :

1240582_10151834518188909_720763478_n        gateau anniversaire

… et la recette Marmiton.org (5 étoiles toujours) qui va avec :

Il s’agit d’une base de génoise ultra moelleuse qu’on peut fourrer (crème, coulis, fruits, …) et décorer (glaçage, pâte à sucre…), à son goût. Hier, j’ai opté pour un fourrage fruits rouges et un fourrage nutella / tour caramel beurre salé (bon, pas les deux sur le même gâteau hein 😉 ) et décoration avec de la pâte à sucre, géniale pour créer facilement de jolis petits sujets.

Temps de préparation : 20 minutes
Temps de cuisson : 1h15

Ingrédients (pour 12 parts) :

  • 300 g de farine
  • 300 g de sucre (mais on peut descendre à 250 g si on n’aime pas trop le sucre)
  • 4 gros oeufs (blancs à monter en neige)
  • 1 paquet de sucre vanillé
  • 1 paquet de levure chimique
  • 1 verre de lait
  • 1 verre d’huile

Préparation de la recette :

  • Mélanger les jaunes d’oeufs et le sucre et faire blanchir le mélange.
  • Ajouter peu à peu le verre de lait, le verre d’huile, la levure, puis la farine.
  • Monter les blancs en neige très ferme, puis les incorporer délicatement.
  • Beurrer et fariner légèrement un grand moule à manqué, puis cuire 30 mn à 120°C, 30 mn à 150° et 15 mn à 170°, en enfournant à four froid.

chasse au tresor

Petit deux : pour un anniversaire réussi, quand on n’a pas beaucoup de place et beaucoup de nains, je n’ai encore rien trouvé de mieux que la chasse au trésor. Des épreuves (pousser des cris d’animaux, refaire la chorégraphie de la corde à sauter-héhé…), des énigmes (Je pleure quand on me tourne la tête, qui suis-je ??), des indices à chercher dans la maison ou dehors… et on a des nains absorbés pendant une petite heure, ce qui nous permet d’arriver tranquillement à l’heure du gâteau, puis des cadeaux.
Bon après je ne dis pas que ça les empêche de retourner la maison mais au lieu des dégâts d’une bombe atomique, on arrive à limiter leur passage aux effets d’une bombe artisanale. Ce qui n’est déjà pas si mal…
Et enfin, petit trois : pour compléter la recette, il faut avoir la bonne vieille copine (deux c’est encore mieux) qui se dévoue pour rester avec vous pour contenir l’invasion, et le tour est joué.
Et après cette journée riche en rires et en cadeaux pour certains, en course et en fatigue pour d’autres (mais j’exagère, pas que… c’est un réel bonheur de faire plaisir aux enfants), nous avons tous dormi jusqu’à 10h30 ce matin. Une grasse matinée bien méritée.