Dexter Morgan, Walter White, Hannibal Lecter : cure de anti-héros

C’est vrai que je ne parle que de Supernatural sur ce blog, à vous faire croire que c’est la seule série qui trouve grâce à mes yeux, mais non 🙂

Ces derniers temps, j’ai fait comme qui dirait une cure d’anti-héros (après ma cure de super-héros) avec Dexter, Breaking Bad et Hannibal. Anti-héros de choix s’il en est parce qu’on tient avec ces trois-là une poignée de séries audacieuses, irrévérencieuses et addictives, mettant en scène trois personnages à l’intelligence hors du commun, mais que l’on n’aimerait pas vraiment avoir pour voisins.

Dexter, de l’ombre à la lumière

dexter angelDexter est une de mes séries préférées de ces dernières années. L’histoire de Dexter Morgan, cet expert médico-légal à la police de Miami le jour et tueur en série qui punit les méchants selon son ‘code’ la nuit m’a littéralement passionnée pendant 8 saisons, et ce malgré les baisses de régime depuis la saison 4.

Plus que les histoires en elles-mêmes – certes suffisantes pour tenir en haleine, Dexter étant dans chaque saison à deux doigts de voir sa vraie nature dévoilée – et les confrontations épiques avec des ennemis à la hauteur de son intelligence (comme l’incroyable John Lithgow / Trinity  dans la saison 4), c’est surtout l’intériorité du personnage que j’ai trouvé fascinante. D’un être sombre, insensible et cynique dans la saison 1, Dexter a énormément évolué au fil des saisons, au cours d’un long cheminement intérieur et d’une vraie exploration de sa nature profonde, pour arriver dans la saison 8 à un personnage qui renaît à lui-même, surpris par sa propre humanité.

Certains y ont vu un ramollissement du personnage, moi j’y ai vu une évolution qui fait écho à nos propres parts d’ombre et de lumière. Ainsi, j’ai aimé les rencontres de Dexter qui ont ébranlé sa perception et sa vision de qui il est, pour finalement lui permettre d’entrevoir une possibilité de changement, une lumière au bout du tunnel de sa noirceur, une issue pour son ‘passager noir’. Psychopathe un jour, psychopathe toujours ? That is the Dexter’s question…

Dexter-PersonnagesJ’ai également aimé la galerie de personnages secondaires, de Debra, la soeur malpolie mais si attachante de Dexter et ses collègues policiers, à son père fantôme, sorte de Jiminy Criquet et véritable fenêtre ouverte sur sa psyché, en passant par les personnages guests de chaque saison, personnages qui ont chacun à leur façon contribué à l’évolution de Dexter tout au long de ces 8 saisons, l’aveuglant de leur lumière ou de leur noirceur.

Alors oui, on a beaucoup décrié la fin de la série, c’est vrai que j’aurais peut-être imaginé un dénouement différent, ou un arrêt de la série 5 minutes avant la fin du tout dernier épisode… mais pour autant je n’ai pas trouvé cette fin si mauvaise, elle véhiculait du suspense et une bonne dose d’émotion, ce qui n’était déjà pas si mal. En tout cas, elle n’a pas entaché à mes yeux une série qui reste dans le genre une des meilleures de la décennie.

Breaking bad, du blanc au noir

breaking-badDans le registre des anti-héros, Walter White est un personnage exemplaire. L’histoire d’un petit professeur de chimie effacé qui utilise son génie pour se lancer dans la production de métamphétamines afin de subvenir aux besoins de sa famille (sa femme, son fils handicapé et son bébé à naître), lorsqu’il se sait condamné par un cancer.

Il m’a presque fallu les 5 saisons complètes pour apprécier à leur juste valeur les immenses qualités de cette série  : une écriture parfaite, jamais approximative jusque dans les moindres détails, un montage et un découpage ingénieux des épisodes qui savent relancer le suspense à partir d’un rythme parfois très lent (j’avoue, des fois j’ai dormi devant…). L’atout central restant Bryan Cranston, et son interprétation géniale d’un Walter White qui va passer en 5 saisons d’un homme sans caractère à un baron de la drogue impitoyable.

Et quelle galerie de personnages secondaires, charismatiques et très travaillés, alimentée par un casting parfait. Du jeune Jesse Pinkman (Aaron Paul) – personnage qui devait disparaître rapidement mais qui, au vu de l’alchimie entre les deux acteurs, restera sur les 5 saisons – dont la relation avec Walter est une des pierres angulaires du récit, au caïd Gustavo Fring (excellent Giancarlo Esposito) en passant par l’avocat Saul Goodman (Bob Odenkirk, qui aura droit à son spin-off) et le placide mais non moins efficace Mike Ehrmantraut (Jonathan Banks), les personnages sont savoureux.

breaking bad personnages Au-delà de toutes ces qualités, la grande force de la série est de toujours emmener le spectateur là où il ne s’y attend pas : chaque rebondissement, chaque réaction des personnages prend de court et l’on a pas d’autre choix que de regarder la suite pour savoir, parce qu’elle est souvent impossible à deviner. De ce point de vue-là, je pense pouvoir dire que Breaking Bad est la série la plus surprenante et qualitativement une des meilleures qu’il m’ait été donné de voir, alors qu’à la base je n’étais pourtant pas particulièrement intéressée par le thème. Preuve en est, Chéri et moi avons avalé les 5 saisons en 3 semaines.

Contrairement à Dexter (les deux séries se sont terminées quasiment en même temps aux USA) dont la fin pouvait donner à redire, la fin de Breaking Bad est à l’image de toute la série : parfaitement orchestrée. Dans les tout derniers épisodes, on atteint quasiment une dimension de tragédie grecque, qui culmine trois épisodes avant la fin, avec des scènes d’anthologie.

Bref, probablement ma découverte télévisuelle de l’année.

Hannibal, black is black

hannibal serieHannibal Lecter, voilà un des personnages de fiction les plus effrayants qui aient vu le jour. Je me souviens avoir été très impressionnée à l’époque par le film Le Silence des Agneaux et l’interprétation incroyable d’Anthony Hopkins, qui m’a effrayée longtemps même dans les rôles les plus éloignés du Docteur Lecter ^^

Après plusieurs suites et préquelles, ce ‘cher’ docteur fait donc désormais l’objet d’une série qui se déroule avant les faits racontés dans Dragon Rouge, alors qu’il sévit encore en toute liberté. Anthony Hopkins a été remplacé par Mads Mikkelsen, mais le personnage reste tout aussi effrayant. Au coeur de la série, la relation trouble qu’entretient Hannibal avec Will Graham, profiler talentueux mais instable et littéralement hanté par les psychopathes qu’il traque, rappelé sur le terrain par Jack Crawford (Laurence Fishburne) pour lui prêter main forte sur des cas d’homicides particulièrement atroces. La série s’appelle Hannibal, c’est pourtant le personnage de Will Graham qui porte l’intrigue principale, avec le jeu à la fois fragile et touchant, mais aussi inquiétant, de l’acteur Hugh Dancy, qui livre là une grande performance d’acteur dans l’interprétation d’un personnage qui se fissure jusqu’au gouffre au fil de la saison.

N’ayons pas peur des mots, cette série est excellente, un mix entre Dexter et Esprits Criminels, en beaucoup plus sombre et violent cependant. L’intrigue est tendue, les relations entre les personnages absolument fascinantes, Mads Mikkelsen parfait dans un rôle qu’il interprète avec une grande subtilité, réussissant la prouesse de nous faire apprécier Hannibal et de lui faire confiance, puis d’en avoir une peur bleue deux scènes plus tard. Malgré les nombreux fils narratifs, le scénario arrive à trouver un très bon équilibre entre les crimes à résoudre, la relation des deux protagonistes principaux et les manigances d’Hannibal. Enfin, un mot de l’esthétique de la série, très belle et très soignée, à l’image du raffinement affiché par le docteur Lecter.

hannibal will graham

Mais malgré toutes ces qualités, quelle noirceur ! L’ambiance est en permanence à couper au couteau, sans aucun répit, le ciel bas et sombre, les meurtres à élucider plus effrayants et horribles les uns que les autres, certaines images marquantes, voire choquantes. J’ai rarement stressé autant devant une série mais l’intrigue est telle qu’il m’a quand même fallu aller au bout de cette première saison (heureusement courte, 13 épisodes) pour savoir comment allait évoluer la relation borderline entre Hannibal et Will, et surtout si la nature monstrueuse d’Hannibal allait être découverte ou pas.

Ce que je souhaite pour cette série, c’est une conclusion courte, 1 ou 2 saisons supplémentaires, pas plus. Déjà parce qu’elle me fait trop peur pour en supporter davantage (si j’ai le courage de poursuivre !) et qu’on sait irrémédiablement comment tout cela va finir ^^ Mais surtout pour sauvegarder cette ambiance hallucinée sans jamais tomber dans la routine. Une très bonne série donc, mais à tenter seulement en connaissance de cause. C’est dark, gore parfois, et ça fait peur.

Après avoir enchaîné ces trois séries – trop de noirceur, ça plombe à force – je me suis réfugiée dans ma série-doudou du moment : ‘How I met your mother’. Amitié, bons sentiments, fous rires, scénarios et personnages délirants, romantisme, j’adore cette série Friends-like absolument legen… wait for it… dary ! Et la pleine lumière fait aussi beaucoup de bien parfois 🙂

Now We Are Free

Cette semaine, Coco partageait Dead can dance, avec la belle voix de Lisa Gerrard. Aujourd’hui, c’est à mon tour avec ce morceau tiré de la B.O. du film Gladiator, toujours avec la voix magique de Lisa.

Pour la petite histoire, quand j’ai rencontré Chéri, il écoutait ce morceau en boucle, petit souvenir ému donc 🙂

Bon week-end à tous !

Adieu Pôle Emploi !

ChampagneEh bien oui, j’ai trouvé un job !

Après trois entretiens, qui avaient démarré la semaine dernière, qui se sont terminés ce soir et qui se sont – n’ayons pas peur des mots -, incroyablement bien passés, j’ai eu la confirmation que j’étais la Fille du Feu (vous savez, celle des Hunger Games de l’emploi…).

Je vais donc être commerciale (eh oui, bien que Grande Fripouille soit dubitative sur mes activités professionnelles, il me faudra encore un peu de temps pour rectifier le tir…) pour une petite entreprise basée en région parisienne, le tout en télétravail. Ce qui veut dire une grande souplesse d’organisation, pas de course chaque jour pour récupérer les fripouilles, et pas d’enchaînement bain / cuisine / dîner à la vitesse de l’éclair. Pouvais-je rêver mieux ? Sans doute pas 🙂

Donc ce soir, j’ai l’impression qu’on m’a ôté un baobab du pied, que la boîte à projets va pouvoir s’ouvrir à nouveau, et c’est sans regret que je vais consommer ma rupture avec mon ami Paul Emploi !

Jour férié ou… ?

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Grande Fripouille, dimanche soir avant de se coucher : ‘C’est chouette, demain on ne va pas à l’école, parce que demain c’est un jour février !’

En même temps, en février, il n’y a pas de jour férié…

PS : Si comme moi vous ne vous lassez pas des mots d’enfants tordants, et si vous ne les connaissez pas encore, vous pouvez foncer chez Alix et Roxane, dont les facéties sont talentueusement mises en images par leur papa, en VO : http://tailsfromparis.com/ et en VF : http://sousnoscouettes.com/Et un grand merci à elles (et à leur papa !) pour m’avoir nommée pour le Inner Peace Award 🙂

inner-peace-award

Ah ah ah aaaaah… en apesanteeeeur : ça y est, j’ai vu Gravity.

gravityJe suis allée voir Gravity d’Alfonso Cuaron ce week-end, après en avoir lu des myriades d’avis dithyrambiques (4,6 sur 5 pour les critiques presse sur Allociné, rien que ça).

J’ai toujours un peu peur d’aller voir un film encensé, au risque de placer mes attentes trop haut et d’être déçue au bout du compte. Mais d’un autre côté, j’aime trop la science-fiction pour laisser passer un tel film. Et j’ai bien fait de me laisser tenter, parce que Gravity est largement à la hauteur des attentes et de l’expérience promise. Pas tant pour l’histoire qu’il raconte – un survival plutôt classique dans l’espace – mais pour la façon dont il le raconte et surtout dont il le montre.

De ce point de vue là, la claque est monumentale : au premier rang de la salle, lunettes 3D sur le nez, l’expérience sensorielle est inédite et impressionnante, et ce dès les premières images du film. Un premier plan-séquence d’une longueur jamais vue dans un film de SF, une 3D magnifique qui sert admirablement le film, une ambiance sonore plus vraie que nature, des images de la Terre d’une incroyable beauté, tout contribue à nous couper le souffle tant tout est fluide et réaliste, et on subodore rapidement que cette sensation durera pendant tout le film.

Ainsi, dès la première pluie de débris, l’intensité dramatique monte de plusieurs crans et ne se relâchera qu’à la dernière image du film. Pendant ce temps, nous aurons vécu une aventure hors du commun pendant 1h30 d’immersion totale, à travers le regard d’une Sandra Bullock confrontée à sa propre mortalité,  à ses ressources ultimes et à ses choix.  Son jeu d’actrice (excellent même en VF), et certains plans angoissants au possible – de la caméra placée dans le casque pour une vision subjective à la caméra fixe qui la regarde dériver dans l’espace infini – nous font vivre chaque seconde quasiment en apnée et dans une tension extrême, contrebalancée par la touche d’humour bienvenue apportée par George Clooney.

Au niveau de sa structure, le film offre un bon équilibre entre action pure, moments de suspense intense et scènes d’émotion plus intimistes. Même si j’avoue que j’aurais aimé que les scènes contemplatives soient plus longues (le spectacle est si beau !) et que le film fasse plus de place à l’intériorité et à l’angoisse existentielle des personnages, ce qui aurait pu apporter un peu plus de profondeur à l’ensemble. Mais en fin de compte, ce n’est pas sur ce terrain, celui de 2001 ou de Solaris, auxquels on a parfois comparé le film, qu’Alfonso Cuaron voulait amener son spectateur et la fan de SF que je suis est malgré tout sortie tout à fait repue de ce spectacle.

Que l’on aime ou pas la SF, une chose est sûre, il ne faut pas louper l’expérience Gravity sur grand écran : à n’en pas douter, vous n’avez vu jamais ça au cinéma.