‘Voyage à l’oeil’ : le défi d’écriture d’Olivia

Aujourd’hui, j’ai eu envie de participer pour la première fois au défi d’écriture d’Olivia. Le défi consiste en l’écriture d’un petit texte avec la contrainte d’une liste de mots imposés. Pour celui-ci, la liste est la suivante : souhait – vœux – mutation – émigrer – desideratum – melting-pot – cours – plastique – fausser – furtivement – cacher – clandestin. Olivia y a ajouté une consigne facultative : commencer votre texte par « J’ai la ferme intention de lui dire la vérité. Sans me chercher d’excuses. » Voici donc ma modeste contribution.

New-YorkJ’ai la ferme intention de lui dire la vérité. Sans me chercher d’excuses. Ca fait plusieurs semaines déjà que je me retourne le cerveau pour trouver les bons mots. Plusieurs jours que j’élabore des scénarios à n’en plus finir, dont peu se terminent bien à vrai dire.

En termes de projets, on a déjà largement de quoi s’occuper. Il y a plusieurs mois, Christophe a demandé à son entreprise sa mutation aux Etats-Unis parce qu’il voulait émigrer dans un pays qui, je cite, sache vraiment reconnaître ses compétences. Je le sais mieux que personne : le desideratum professionnel de Christophe, c’est sacré, et rien ne peut le faire dévier de son objectif. C’est donc sans surprise que son souhait de départ pour la filiale Calice Network US a été accepté en mars et le déménagement pour New York est maintenant prévu dans deux mois. 

Même si je le cache bien, l’excitation de cette aventure américaine à quatre a fini par m’atteindre. New York est un véritable melting-pot de cultures et bien que j’aime Paris à la folie, la vie là-bas s’annonce palpitante. Cependant, comme je freine des quatre fers depuis la genèse du projet (laisser tomber mon job d’attachée culturelle au Louvre, ma famille, mes amis…), ce serait me désavouer que d’admettre mon enthousiasme, alors je continue à faire la tête, par principe, et je râle sur tout. Pourtant, ce n’est jamais qu’une translation à gérer, de 10 000 km certes, mais une translation quand même. Une broutille pour la reine de l’organisation que je suis, mais c’est sûr que la nouvelle va compliquer un peu la donne. Maintenant qu’il va falloir mettre en place toute la logistique du départ, je ne peux plus attendre pour lui annoncer.

C’est moi qui ai décidé d’arrêter la pilule il y a six mois. Je lui avais fait un cours magistral sur les méfaits de ces hormones diaboliques sur mon pauvre petit corps et tant que j’y étais, de tous les autres moyens de contraception. J’avais fini par le convaincre en lui prouvant par A + B que le petit bout de plastique appelé préservatif était à 99,9% efficace et que tout risque de petit troisième était écarté. Pour enfoncer le clou, j’avais même téléchargé une application Androïd pour identifier les jours dangereux. Risque nul, on vous dit.
Tellement nul qu’il va me falloir aujourd’hui expliquer à Christophe qu’aux environs du 12 février (fichues vacances aux Maldives…), un petit nageur a furtivement faussé compagnie à ses copains et qu’un petit clandestin voyage désormais à l’oeil, bien au chaud, dans mon utérus. Enfin… deux en fait. A cette pensée, je sens monter une vague de panique. C’est décidé, prenant ma lâcheté à deux mains, je lui envoie un texto : ‘Chéri, sur notre première photo de carte de vœux américaine, nous serons six.’

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36 réflexions sur “‘Voyage à l’oeil’ : le défi d’écriture d’Olivia

  1. Pingback: L’abîme au bout des doigts (extrait I) | Olivia Billington

  2. Pour une première, elle est de taille ! Ce clandestin là a une position tout à fait originale…
    Je me suis régalée à lire ton texte. L’emploi des mots est surprenant. Belle imagination.

    J'aime

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