Le défi d’écriture chez Asphodèle : ennui

plumes asphodeleEt voilà le petit exercice de la semaine sur le thème de l’ennui chez Asphodèle, avec les mots suivants : projet, dimanche, emmerdement, penser, intimité, hésiter, oppresser, pluie, savoir, morosité, panne,créatif, silence, bâiller, fatigue, mourir, soupir, ralenti, routine, figé, vide, whisky, xyste, zigzaguer.

J’avoue que l’ennui m’a un peu gagné ! J’ai donc difficilement casé les mots, et laissé ’emmerdement’ de côté (et pas xyste !!), il jurait trop dans le paysage ^^.

‘Sarah détestait les week-ends sans projets. Tristan avait annulé leur petite escapade au dernier moment et elle s’était félicité de ne pas avoir payé d’acompte au petit cottage normand où ils avaient prévu de se rendre. Sentant l’esprit créatif venir en lui, comme il disait, il avait décidé de passer le week-end à la maison, ce qui signifiait deux jours enfermé dans son atelier, partageant son temps entre son whisky et ses pinceaux, zigzaguant fiévreusement entre ses toiles. Elle avait hésité mais n’avait finalement rien dit. A tout prendre, elle préférait un week-end loupé aux crises générées par ses pannes d’inspiration.
Tristan était un architecte brillant et passionné. A vingt-six ans, il était sorti de ses longues études avec des envies de bâtiments fous et des rêves de jardins et de xystes. Hélas, il s’était heurté à une réalité toute autre et se contentait, au bout de huit ans, de missions subalternes dans un petit cabinet parisien. Bouillonnant de frustration, il passait depuis plusieurs mois sa colère sur la peinture et l’alcool. S’y noyer lui permettait de rendre la médiocrité de sa vie supportable, mais ses plongées, dont il l’excluait, commençaient à inquiéter sérieusement Sarah.

Toute la semaine, elle s’était fait une joie de ces deux jours qu’ils allaient passer ensemble. Deux jours pour briser la routine et retrouver une intimité qu’ils perdaient peu à peu. Deux jours pour faire oublier à Tristan les affres de son quotidien et le sortir de sa déprime chronique.
Pourtant, au lieu d’être blottis l’un contre l’autre amoureusement au coin du feu dans une chambre d’hôtes, Tristan était au sous-sol en tête-à-tête avec son art et Sarah tournait en rond dans la maison dont le silence pesant l’oppressait. Elle avait finalement accepté hier une invitation à une réunion lingerie chez son amie Mag, bien qu’elle ne soit pas très friande des jacasseries entre filles, mais elle était cruellement désoeuvrée en ce dimanche de pluie mortel. A ses yeux, rien n’était pire que de retourner travailler le lundi sans avoir profité à fond de ses deux jours de liberté. Devant son incapacité à trouver une occupation satisfaisante, elle ressentit alors un vide immense. Elle repensa à ses premières années de vie commune avec Tristan. Le temps passait si vite avec lui. Elle aimait le côté artiste de sa personnalité, qui l’avait fait chavirer dès leur rencontre, à un vernissage où Mag l’avait entraînée malgré elle. Il l’avait fait rêver en lui racontant la genèse de dizaines d’oeuvres d’art, et des anecdotes hilarantes dont elle le soupçonnait d’en avoir inventé au moins la moitié. Là où d’autres auraient bâillé d’ennui, Sarah se montrait insatiable et buvait avec délectation ses histoires et son savoir inépuisable.

Force est de constater que l’admiration des débuts s’était émoussée, l’amertume de Tristan l’ayant transformé en un être dans lequel Sarah avait du mal à reconnaître son grand amour, et elle était seule aujourd’hui dans cette grande maison où le temps semblait s’être ralenti, comme figé. Elle poussa un soupir, s’installa sur le canapé et attrapa un magazine sur le guéridon : en lisant le titre de la première de couverture ‘Les origines de la fatigue’, elle fut découragée avant même de l’avoir ouvert et le reposa aussitôt. Soudain, elle réalisa que non seulement elle s’ennuyait à mourir, mais surtout qu’elle n’avait plus envie de rien. Dans sa morosité dominicale, elle réalisa aussi qu’elle pensait à Antoine.’

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It’s a wonderful world

chat lectureIl y a quelques jours :

Grande Fripouille : « Maman, ça sait lire les chats ?

Maman : – Eh bien, d’après toi, est-ce que ça sait lire les chats ?

Grande Fripouille, après une intense réflexion : – Eeeeuh… oui !’

Ce soir, Papa : ‘Mais pourquoi est-ce que tu crois que les chats savent lire ?

Grande Fripouille : – Eh bien parce qu’ils ont sept vies et qu’ils ont dû apprendre dans les six d’avant !’

C’est dans ces petits moments qu’on réalise à quel point le monde dans lequel vivent nos enfants est merveilleux : un monde où un bonhomme barbu en habit rouge vient déposer des cadeaux au pied du sapin la nuit de Noël, où une petite souris vient glisser des pièces sous les oreillers, et où les bonhommes de neige poussent sur les gâteaux d’anniversaire ! 🙂

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Gâteau réalisé par Vanessa Sweet & Cake pour l’anniversaire de Petite Fripouille ce week-end !

Le défi d’écriture d’Olivia : ‘Souvenirs de douleur’

unehistoireEt hop, voilà mon petit devoir d’écriture de la semaine (je crois que je vais devenir accro…), pioché chez Olivia, avec les mots suivants : apaiser – front – tranchée – décision – dilemme – torture – douleur – âme – divin – damnation – effroi – dresser – combattre – chagrin. La contrainte supplémentaire était : intégrer un flash-back.

‘Cette histoire me paraît désormais lointaine, comme perdue dans les limbes du passé. J’arrive même à croire par moments qu’elle n’est jamais vraiment arrivée. Infatigablement, mon esprit l’a recouverte de monceaux de souvenirs qui sont venus peu à peu ensevelir ces brefs instants de vie exaltée. Pourtant, imperceptiblement, ont survécu en moi d’infimes traces de son odeur, des souvenirs ténus du goût divin de sa peau, un faible écho de son rire généreux. Un moment anodin, intense et précieux, partagé sur une banquette au fond d’un bar, où nous étions seuls ce soir-là au milieu d’une foule chamarrée, bruyante et ivre. Une tendre promenade main dans la main, ponctuée de baisers et de regards, sur les quais de Seine un jour de septembre.

Je me souviens aussi de cette décision, quelques semaines plus tard, tranchée et définitive. Source d’une douleur foudroyante, d’un chagrin sans précédent dont je ne pensais pas pouvoir vaincre l’insupportable torture. Je pense encore avec effroi à ce dilemme inhumain, à ces sentiments surfaits auxquels je croyais, contre lesquels j’ai dû me dresser et que j’ai dû combattre de toute mon âme.

Aujourd’hui, tout a disparu dans les brumes du temps qui passe. Mon front n’est plus fiévreux, mes pensées sont calmes, mon cœur s’est apaisé. Echapperai-je pour autant à la damnation pour avoir failli ? Rien n’est moins sûr.’

La femme parfaite est une connasse : comment j’ai perdu 30 mn de ma vie

connasseLa semaine dernière, en passant devant le rayon livres de mon supermarché, mon oeil s’est arrêté sur le désormais célèbre La femme parfaite est une connasse des jumelles Girard. Je l’ai lu. Je n’aurais jamais pensé en faire une critique mais après cette lecture, mon devoir est manifestement d’éviter à celles (et ceux) qui ne l’ont pas encore lu de dépenser 5€ et une demi-heure de leur temps inutilement.

De prime abord, je me suis dit que le titre et la couverture étaient un tantinet racoleurs. Mais bon, j’aime bien lire de temps en temps les magazines féminins, ça détend et ça fait passer le temps chez le médecin. Le livre jouant dans la même cour, je m’attendais à un petit bouquin sympatoche du genre ‘ahahah c’est trop vrai ça !’ qui allait me faire passer un bon moment. Pourtant, de rire, point du tout, ou si peu. Heureusement, la lecture a été courte (30 mn du début à la fin donc), et j’ai ri, enfin souri, deux fois. En 150 pages, ce petit livre arrive à concentrer une somme impressionnante de poncifs et de clichés qui sonnent plus comme un délire de fin de soirée entre copines bourrées que comme un véritable livre (= potentiellement intéressant à partager avec le monde) : le Cosmo de la salle d’attente, en moins bien. Sans compter que certaines pages sont ni plus ni moins pompées sur la série How I met your mother, sauf que Barney Stinson, lui, est drôle.

Par ailleurs, je me suis posé la question tout au long de mes 30 mn de lecture : quelle est au juste la cible du livre et qui est vraiment la ‘connasse’ en question ? On ne sait pas bien en fait. La fille qui se la pète ? La fille rangée qui ne sort pas picoler tous les soirs ? Même si je n’ai pas bien réussi à cerner le propos, le parisianisme latent dégagé par l’ouvrage m’a plutôt déplu.

Je m’insurge souvent contre le marketing (j’ai le droit, j’en ai fait pendant presque 15 ans). Cependant, malgré toute mon attention, je me suis quand même fait avoir par ce coup de pub et ce bouche-à-oreille plutôt réussi. Pourtant le moins qu’on puisse dire, c’est que le produit est très loin de valoir son emballage médiatique. Bref, trêve d’énervement, si je veux lire des articles féminins hilarants, je retourne de ce pas lire le blog de Sissi de Beauregard, qui a entamé une série désopilante sur la Saint-Valentin. En plus, c’est gratuit.

La richesse de la blogosphère

i love bloggingIl y a plusieurs mois maintenant, l’envie m’a pris de bloguer. Envie de raconter, de partager, de rencontrer. Depuis que je suis arrivée sur la blogosphère, j’écris, beaucoup, mais je suis aussi de nombreux blogs, les vôtres, avec des univers différents, tout aussi foisonnants les uns que les autres. Très honnêtement, je ne savais pas vraiment ce que j’allais trouver dans cette communauté quand j’y suis arrivée, et j’étais à mille lieues d’imaginer que je pourrais m’enrichir autant en vous lisant chaque jour. De la même façon que je ne pensais pas que la sauce prendrait si bien avec vous qui me lisez ponctuellement, de temps en temps ou régulièrement. Pour tout cela, merci à vous tous. 🙂

Dans ma catégorie Coups de coeur de la blogosphère, je voudrais faire un petit focus sur un blog que j’affectionne particulièrement et que certains d’entre vous doivent déjà connaître : le blog Tarot Psychologique d’Elisabeth. Des blogs traitant de sagesse et de spiritualité, il en existe beaucoup et chacun d’entre eux est réellement digne d’intérêt. Mais ce qui fait la particularité du blog d’Elisabeth, c’est la façon dont elle présente une spiritualité bien vivante, à travers le portrait et les témoignages de grandes figures actuelles de la sagesse, au-delà de toute appartenance à un quelconque courant. Dans le blog d’Elisabeth, le dogme importe peu, seule l’expérience compte et ses mots peuvent finalement entrer en résonance avec chacun d’entre nous.

Lorsque je parcours la blogosphère quotidiennement, je mets toujours les articles d’Elisabeth de côté, afin de pouvoir m’y plonger sereinement et m’en nourrir. Chacun de ses articles est source à la fois de réconfort et de réflexion. Ils me permettent à chaque lecture de me recentrer sur l’essentiel, car il est si facile dans notre vie de tous les jours de s’en écarter et de se perdre. Le blog d’Elisabeth est un véritable havre de paix dans le bruit du monde, une véritable lumière dans le tunnel du quotidien. Et Elisabeth elle-même un guide (même si elle n’aimerait pas que j’utilise ce terme !) d’une ouverture et d’une gentillesse incomparables, qui en plus ne manque pas d’humour !

Et vous, que vous apporte la blogosphère ?

Les bons mots de Grande Fripouille

capodastreMaman, tentant de faire de la musique sur sa guitare : ‘Mince, où est-ce que j’ai encore mis mon capo* ??

Grande Fripouille, perplexe : – Ben… dans ta voiture !’

* Capo = capodastre = système utilisé pour transposer le manche d’un instrument à cordes sans toucher à l’accordage mais en limitant l’emploi des cordes à une partie plus petite du manche. Merci qui ? Merci Wiki !

arabesque

arbre à sousGrande Fripouille : ‘Maman, je pourrai avoir un déguisement de Reine des Neiges pour le carnaval de l’école ?

Maman : – On verra ma puce. Déjà, tu n’as peut-être pas besoin d’avoir autant de robes de princesse, et puis en ce moment, tu sais, on n’a pas beaucoup de sous.

Grande Fripouille : – Eh ben, vous n’avez qu’à acheter des sous !’