Atelier d’écriture chez Olivia : Pluie d’été

unehistoireLes ateliers se suivent… et les mots de la semaine chez Olivia étaient : élégance – prestance – raffinement – cruauté – barbarie – orgue – cathédrale – gargouille – gouttière – pluie – mousson – alizés – moiteur – douce – laine

Avec la consigne facultative suivante : commencer le texte par la lettre A et le terminer par la lettre Z.

Voici donc ma participation pour cette semaine :

‘Ariane et moi étions à peine sorties du café qu’une pluie tiède, digne d’une mousson asiatique, se mit à tomber à seaux. Essayant tant bien que mal de nous abriter sous nos vestes légères, nous passâmes en courant devant Notre-Dame. La cathédrale me parut encore plus majestueuse sous le ciel déchaîné, et ses gargouilles plus grimaçantes que jamais.
Trempées jusqu’aux os, nous nous engouffrâmes dans la station de métro. La chaleur de ce mois d’août, mêlée à l’humidité du jour, créait une moiteur parfaitement détestable et l’idée de s’entasser dans la rame dans ces conditions ne me disait rien du tout.
Vingt minutes de trajet en apnée et deux changements de ligne plus tard, nous finîmes par sortir de terre. La pluie tombait toujours et le point d’orgue de la colère céleste fut atteint lorsqu’un énorme coup de tonnerre retentit. Nous n’étions plus qu’à quelques dizaines de mètres de l’entrée de l’immeuble d’Ariane. Espérant une vague accalmie, nous fîmes une pause sous un porche avec deux chats de gouttière qui fuyaient eux aussi l’averse, ce qui ne les empêchait pas de se cracher dessus d’un air barbare. D’une fenêtre ouverte dans la cour intérieure attenante au porche, s’échappait le ‘Moi… Lolita’ d’Alizée. En nous regardant l’une l’autre et fredonnant ‘C’est pas ma fauteeeee…’, nous nous mîmes à pouffer devant notre allure misérable : cheveux dégoulinants, maquillage sinistre, vêtements collés au corps.

Malgré sa robe beige toute simple et son gilet de laine tout mouillés, Ariane n’avait rien perdu de son élégance, ni de sa prestance. Elle affichait un charme et un raffinement naturels qui transpiraient d’elle même lorsqu’elle n’était pas censée être à son avantage. Cette douce beauté et ce visage ravissant étaient pourtant trompeurs. Je savais, moi, que sous ce masque se cachait un être ambigu capable de la tendresse la plus absolue comme de véritable cruauté, dont nombre d’hommes avaient fait les frais.
Je m’interrompis dans la contemplation de mon amie quand je remarquai que la pluie se faisait plus éparse. Je sortis alors la tête du porche et scrutai le ciel :
– On a deux minutes pour arriver jusqu’à chez toi avant de se reprendre une saucée, lançai-je. On y va, allez !’

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37 réflexions sur “Atelier d’écriture chez Olivia : Pluie d’été

  1. Quelle belle description de cette amie, avec un soupçon de curiosité envers cette cruauté cachée
    et
    j’ai ressentis un chatouillis tout particulier à lire « se prendre une saucée », je n’entends plus cette expression où je réside maintenant, merci

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  2. Hello Biancat,
    Je continue ma tournée des textes 😆
    J’aime bien ton récit pas si fictionnel que ça, bien jaugé et savamment mené. Jouer n’est pas tricher et on peut au contraire détourner les mots à notre façon 😉
    Moi aussi, je ne comprends pas comment elles font les filles toujours impeccables et belles par dessus le marché, comme Ariane !
    Bises fraîches de Lyon

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  3. Merci de ta lecture chez moi….Je t’ai lue également avec plaisir
    Y’a des femmes comme ça, qui sont belles en toutes circonstances !!!!!!!!
    ahhhhhhhhh je les hais !! lol lol
    Bises

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  4. Joli coup le texte commence par A et finit par Z moi j’ai oublié. 😀 Ariane est-elle comme une mante religieuse aussi capable de cruauté ? 😮
    L’apnée dans le métro mais il faut y descendre avec sa bouteille, d’ailleurs un certain nombre le font. 😀

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    • Certains font des cabrioles, d’autres oublient des consignes, tssss ^^
      Oui, il y a de la mante religieuse dans Ariane mais chuuuut….
      Pour moi les affres du métro sont loin depuis que j’habite dans le Sud mais c’est plus fort que moi, je ne peux pas m’empêcher de situer toutes mes histoires à Paris !

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  5. C’est toujours un réel plaisir de te lire. Cet épisode pluvieux t’a inspiré une jolie scène de complicité entre ces deux amies. Alors comme ça, cette fois-ci, tu as utilisé la technique de la cabriole ? 🙂

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  6. Pingback: Cette maison II | Olivia Billington

    • Oui, c’est ça Anna 🙂 je pense qu’à terme ils vont finir en nouvelles, j’ai commencé à écrire la suite de ce texte hier soir, moi aussi j’ai envie de savoir ce qui va leur arriver (même si en partie je le sais déjà !) ^^

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  7. La chanteuse alizé pour les alizés! Ça vaut bien les figues de barbarie du père Bléval. 😉 En parlant de barbarie, tu te facilite la tâche en employant le mot barbare à la place dans ton texte (la scène des chats).
    Au delà de l’exercice imposé, le texte est fluide. La tranche de vie est bien décrite et il est facile de se plonger dans l’atmosphère. Un seul regret peut-être: la première phrase est un niveau en dessous du reste. L’expression « une mousson asiatique, se mit à tomber à seaux » me laisse un arrière goût artificiel qui nuit un peu à la fraicheur du reste.
    Bon travail et à bientôt à l’auberge.

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    • Merci pour tes commentaires éclairés sn0w3b, je suis en train d’écrire l’avant et l’après de cette histoire, ils me seront donc bien utiles 🙂

      C’est vrai que l’exercice imposé fait faire certaines cabrioles, j’avais aussi noté le coup des figues de Barbarie chez Pascal lol (je l’avoue, moi j’ai un peu triché ^^) mais j’étais tout de même assez contente de mon Alizée et je voyais bien la scène avec les deux copines défraîchies !

      A bientôt à l’auberge donc 😉

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    • Merci chère Elisabeth 🙂

      J’avais déjà posté un bout de l’histoire d’Ariane et de Millie ici : https://biancatsroom.wordpress.com/2014/03/07/latelier-decriture-chez-olivia-ariane-sur-le-fil/

      Mais bon c’était quand mes billets avaient disparu du reader et je crois que pas grand monde ne l’a vu lol

      Tout comme celle de Sarah, Antoine et Tristan, celle-ci est complète dans ma tête, mais il faut que je trouve le temps de me poser pour l’écrire parce que d’autres arrivent par-derrière et je sens que la dispersion me guette !! ^^

      De toute façon, coûte que coûte, c’est mon défi de l’année 2014 d’arriver au bout de mon recueil d’histoires de femmes 😀

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