Donner

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Ce matin, Grande Fripouille dans la salle de bains en train de se préparer pour l’école : ‘C’est dommage, je n’ai plus mon bracelet préféré, je l’ai donné à ma copine Elena. Elle ne me le rendra plus tu sais, parce que je lui ai donné, pas prêté.

Maman : – Eh bien oui ma puce, c’est comme ça quand on donne.

GF : – Mais c’est pas grave, j’aime bien donner des choses aux gens. Ca me fait plaisir de leur faire plaisir.’

Que de sagesse parfois dans les paroles des enfants…

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Un jour, j’ai été (un peu) chanteuse

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Dans une ancienne vie, je chantais. A la demande pressante d’Elisabeth ^^, j’ai déterré un vieux morceau enregistré il y a pas loin d’une quinzaine d’années, dont j’avais fait un petit clip : un ami a écrit la musique, j’ai écrit le texte. A l’époque, j’avais vraiment un vibrato de chè-è-è-è-è-èvre et une voix de petite fille, mais j’écoute toujours cette chanson avec tendresse. Après tout, l’important n’est pas d’être la meilleure, encore moins d’être célèbre, mais bien de créer et de prendre du plaisir.

Pour écouter le morceau, cliquez sur l’image… et soyez indulgents 😉

I am the star

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C’est le début de la gloire, ça y est, j’ai donné ma première interview de blogueuse ! Bon, calmons quand même les bravos et les cris de liesse de la foule en délire, je m’explique : j’ai été contactée il y a quelques jours par Mélissa, alias Mlle Latino, qui vient de créer le blog La star c’est toi (ben oui c’est moi… ^^), pour une interview donc. Encore un grand merci à toi Mélissa !

Le concept : faire connaître des blogs de tous horizons, ainsi que leurs auteurs, en leur posant des questions sur leurs passions ou encore leur motivation à bloguer. Si le coeur vous en dit, vous pouvez aller lire l’interview de Biancat (qui commence à se la péter un peu, je le crains) en cliquant sur l’image :

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Puisqu’on est dans les questions en tous genres, je voulais également parler d’un billet des plus intéressants que j’ai lu récemment chez Elisabeth du blog Tarot Psychologique, sur le thème de la communication intérieure et de la façon dont nos perceptions et croyances internes influent sur notre vie et notre bonheur. Dans ce billet, que je vous invite chaudement à aller lire, une phrase m’a beaucoup interpellée :

Je crois sincèrement que si nous n’avions aucun objecteur interne au bonheur, nous serions tous spontanément heureux. Il en est ainsi pour l’amour, la sécurité, l’enthousiasme, la reconnaissance de soi et autres sentiments que nous voulons ressentir dans la vie.

En effet, la question est fondamentale : qu’est-ce qui freine notre bonheur ? Pourquoi ne pouvons-nous pas être précisément celui ou celle que nous voulons être ? Pour aller plus loin dans la réflexion, le billet se concluait sur 4 questions essentielles :

1. Si je n’avais aucune limite, qu’est-ce que j’aimerais être ?
2. Si j’avais la certitude que je vais être ce que je veux, comment est-ce que je me sentirais à cet instant-même ?
3. Est-ce qu’il y a quelque chose qui s’oppose à ce sentiment à l’intérieur de moi ?
4. Si oui, que vais-je faire pour transformer cette objection en support interne ?

smileyJe me suis prêté au jeu et voilà ce qu’il en est ressorti :

1. Artiste ça c’est sûr, je dirais écrivain ou chanteuse, non les deux en fait ^^
2. Puissante, apaisée et heureuse bien sûr.
3. La peur essentiellement.
4. Dompter mon Diable* et changer mon paradigme intérieur.

* Lame très présente dans mon thème tarologique (je ne sais pas si ce mot existe !). Il symbolise chez moi à la fois la peur et la puissance.

Et vous, quelles sont vos réponses à ces questions ? Qui aimeriez-vous être ? Essayez et vous verrez…

Pink Water

Après Teki Latex et Lio avec leurs Matins de Paris, et toujours dans la série des rencontres musicales improbables, voilà un morceau qui voit se mêler la musique de notre Indochine national et la voix de Brian Molko, chanteur charismatique du groupe Placebo. Le résultat est planant et poignant. Un de mes morceaux préférés d’Indo.

Je partirai et je resterai
Seulement vêtu de toi
Souviens-toi encore quelquefois de moi
Et ne leur pardonne pas

Get me out of this place
Get me out of this town
Before I drown in your deep
Pink Water
I won’t remember your face
I can’t remember your frown
Because I’ll drown in your deep
Pink Water

 

Atelier d’écriture chez Asphodèle : Le retour de Jensen

Jensen3Les semaines et les récoltes de mots se suivent. Sur le thème de la métamorphose, voici le résultat chez Asphodèle pour aujourd’hui (nous avons échappé de peu à ‘cloporte’, alléluia ! ^^) : changement, incrédule, papillon, chenille, évolution, climat, déguiser, magie, transformation, grossesse, adolescence, éclosion, cafard, majestueux, amour, éphémère, éperdu, envol, travesti. Je ne sais pas si on avait le droit mais j’ai pour ma part laissé ‘grossesse’ de côté, et j’ai poursuivi l’histoire de Honey/Cynthia.

Previously… Cynthia avait reconnu Jensen sur une photo de famille chez ses parents, ce qui manque de lui provoquer une crise de panique, qu’elle réussit à juguler tant bien que mal. Elle passe malgré tout une journée détendue et agréable, même si une question obsédante, qu’elle n’ose pas poser, ne quitte pas son esprit : qui est Jensen ? Then…

‘Travesty Moonlight venait de terminer son tour de chant. Il était l’heure pour Honey d’entrer sur scène. Depuis l’arrière-salle du Red Bunny, son regard incrédule balayait le bar : Jensen n’était pas là. Elle maudissait Luke d’avoir interrompu leur conversation hier soir, alors que la partie était presque gagnée. Cela lui avait valu une soirée de cafard à broyer du noir, seule avec son verre et ses cigarettes.
Elle s’était fait plus belle, plus séduisante et vénéneuse que jamais, parce qu’elle avait décidé que ce soir serait LE soir. Elle portait une robe fourreau en satin pourpre qui épousait à merveille ses formes à la fois graciles et pulpeuses. Sa chevelure rousse soigneusement arrangée se répandait en vagues sur ses épaules menues, encadrant un visage fin au teint pâle, que soulignait un rouge à lèvres flamboyant. Quand Honey se muait en femme fatale, le changement était saisissant. Transformation de l’éphémère chenille fragile, éclosion et envol du papillon éclatant et majestueux. Elle ressemblait à Rita Hayworth.
rita hayworth
Après un dernier coup d’oeil, elle se résolut, avec une pointe de déception, à monter sur scène et à entamer son show. A la contrebasse, elle croisa le regard subjugué de Luke, auquel elle répondit par une moue indifférente. Tant que la chasse ne serait pas terminée, aucun autre homme que Jensen ne trouverait grâce à ses yeux. Sa voix, d’ordinaire enveloppante et hypnotique, n’avait pas de cible ce soir et c’est sans âme qu’elle égrena son répertoire. Une heure plus tard, à l’approche de la dernière chanson, qui annonçait aussi la fermeture imminente du Red Bunny, la porte d’entrée s’ouvrit et Honey retint son souffle. Elle avait senti sa présence et sa voix se régénéra comme par magie. Soudain, le climat de la soirée n’était plus à la grisaille monotone et la température monta imperceptiblement.
Jensen.
Vêtu de son habituel manteau gris, le visage tapi dans l’ombre de son feutre, il venait d’électriser l’atmosphère du Red Bunny. Il avança dans la salle, commanda son whisky, mais au lieu de s’installer au comptoir comme tous les soirs, il se dirigea tout droit vers la scène en ôtant son manteau. Honey finissait de chanter Devil in disguise, un morceau d’Elvis dont elle avait créé une version piano-voix sensuelle et langoureuse.
Sans la quitter des yeux, Jensen glissa quelques mots à l’oreille du pianiste et s’installa devant l’instrument lorsqu’il eut terminé. Bien qu’elle cherchât à le cacher par un air qui se voulait distant, l’excitation de Honey était à son comble : Jensen allait l’accompagner. Jensen2Quand il entama les premières notes du Unforgettable de Nat King Cole, sa gorge se noua : c’était sa chanson fétiche, celle qu’elle emmenait avec elle de scène en scène, celle qui coulait de ses cordes vocales aussi naturellement qu’un rayon de miel. S’approchant du piano et plongeant son regard dans les yeux verts de Jensen, elle la chanta comme si c’était la première fois. Les douces volutes de la mélodie laissaient déjà entrevoir les délices de la nuit à venir et la fièvre s’insinua en elle au fil des paroles.

-Vous étiez en retard ce soir, lui glissa-t-elle d’un ton de reproche, lorsque la musique s’arrêta.
-J’étais à l’heure pour le clou du spectacle. Je vous raccompagne ?

Honey attrapa sa cape noire, que Jensen lui mit sur les épaules, et alluma une cigarette en sortant du Red Bunny. Son appartement était à quelques rues de là. Ils marchaient depuis quelques minutes en silence quand Honey le questionna :

-Qui êtes-vous, Jensen ? Vous semblez en savoir beaucoup sur moi et je ne sais rien de vous.
-Ne posez pas de questions dont vous n’aimeriez pas connaître les réponses, Honey. Savourez le clair de lune et la douceur de la nuit.

Quelques dizaines de mètres plus loin, ils arrivèrent à son appartement, un petit deux-pièces coquet au premier étage, à dominante orange et rouge.

Jensen4-Je vous sers un verre ? demanda-elle en entrant.

Sans répondre, Jensen posa son manteau et son feutre et enleva la cape de Honey. Puis il fit pivoter délicatement les épaules de la jeune femme et l’attira à lui. Honey faillit défaillir lorsque ses lèvres se posèrent sur les siennes. C’était elle qui, habituellement, faisait perdre la tête aux hommes, mais ce soir il y avait une évolution, un bris dans les habitudes : elle sentait qu’elle perdait le contrôle. Son cœur était enflammé comme celui d’une adolescente, ses baisers étaient trop éperdus, ses mains trop fébriles. Jensen avait pris le pouvoir.
Il fit glisser sa robe, la prit dans ses bras et l’emmena dans la chambre. Il l’allongea sur les draps de soie violets et ils firent l’amour exactement comme Honey l’avait imaginé. Elle savait déjà ses gestes, son parfum vanillé, le léger goût sucré de sa peau, leurs souffles mêlés, la chorégraphie de leurs corps. Et lentement, ses larmes se mirent à couler.’

Genesis – Bernard Beckett

genesis beckettJ’ai annoncé la couleur dès ma présentation : je suis férue de fantastique et de science-fiction. Si j’en regarde beaucoup sur petit et grand écran, j’en lis curieusement peu alors que les monuments ne manquent pas en la matière. Qu’à cela ne tienne, une amie m’a récemment conseillé le petit roman Genesis du néo-zélandais Bernard Beckett. Une réflexion sur l’intelligence artificielle et la condition humaine, je ne pouvais pas refuser le voyage.

Alléchée et très décidée, je l’ai donc commandé sur le champ en Kindle, en anglais même si je ne l’ai pas fait exprès (voilà ce que c’est de ne pas pouvoir feuilleter ce qu’on achète ^^) et cette lecture a été, disons-le, une excellente surprise.

L’histoire : dans un monde futuriste reconstruit et en paix suite à la Dernière Guerre, Anaximandre est une jeune étudiante dont l’ambition est d’intégrer la fameuse Académie. Aujourd’hui, elle passe son examen d’entrée qu’elle prépare intensivement depuis des mois avec son mentor Périclès : un oral de quatre heures devant trois examinateurs, sur le thème de son choix. Anax commence alors à présenter son sujet, qu’elle connaît sur le bout des doigts : la vie d’un certain Adam Forde, dont l’existence a changé le cours de l’Histoire du monde…

Original, ce livre l’est, sans conteste. Par la forme, déjà, puisque toute l’histoire repose uniquement sur l’entretien d’Anax avec les trois examinateurs. On est donc dans un huis-clos dont on se demande au départ où il va mener, et qui finit ni plus ni moins par mettre au coeur de l’intrigue quelques-unes des questions fondamentales de la philosophie : qu’est-ce qui définit l’essence de notre humanité ? Qu’est-ce que la conscience ? Qu’est-ce que l’âme ? Qu’est-ce qui différencie l’humain de la machine ?

Entre exposition du sujet et questions piège, entre phases d’examen et de pause, le destin d’Anax sera scellé au bout de ces cinq heures. Mais il ne faut pas en dire trop car en plus de sa réflexion existentielle (qui en passant est une très bonne intro à la philo), l’ouvrage propose une fin originale et plutôt bien amenée. Pour les vieux briscards de la science-fiction, le premier twist ne sera pas une grande révélation, mais la toute fin est quant à elle vraiment surprenante, voire bouleversante.

Un petit livre donc, mais avec une portée qui s’avère fascinante, car la science-fiction n’est jamais aussi savoureuse que quand elle fait travailler nos méninges.