Mes retrouvailles avec Les Hauts de Hurle-Vent

11059916_10153402082399774_8612696122728573447_n

Cette citation des Hauts de Hurle-Vent d’Emily Brontë, sur laquelle je suis tombée ce matin, m’a donné envie de revenir sur ce roman hors catégorie, un des plus importants de la littérature anglaise du XIXème siècle. Ayant été très marquée par l’ouvrage dans mon adolescence (je l’ai lu pour la première fois en 5ème), j’ai voulu le relire récemment pour me remémorer pourquoi.

L’histoire : Les Hauts de Hurle-Vent sont des terres balayées par les vents du nord. Une famille y vivait, heureuse, quand un jeune bohémien attira le malheur. Mr. Earnshaw avait adopté et aimé Heathcliff. Mais ses enfants l’ont méprisé. Cachant son amour pour Catherine, la fille de son bienfaiteur, Heathcliff prépare une vengeance diabolique. Il s’approprie la fortune de la famille et réduit les héritiers en esclavage. La malédiction pèsera sur toute la descendance jusqu’au jour où la fille de Catherine aimera à son tour un être misérable et fruste. (Source : 4ème de couverture)

Une chose est sûre : ma relecture m’a montré à quel point j’avais oublié, à quel point le souvenir que j’avais de ce livre était devenu diffus. C’est donc avec bonheur que j’ai retrouvé les landes froides et pluvieuses, battues par le vent. Avec surprise que je me suis replongée dans cette ambiance sombre et violente. Avec délice que j’ai refait connaissance avec cette galerie de personnages sans juste milieu, rudes et âpres ou bien d’une tiédeur frôlant l’insupportable, flirtant tous plus ou moins avec la folie.

Surtout, j’ai revécu avec Catherine et Heathcliff leur passion hors du commun. Hors du commun car l’histoire de ces personnages n’a rien de romanesque, ni même de romantique. Heathcliff, être rustre et cruel, sauvage et vengeur, n’a absolument rien du prince charmant. L’amour de ces deux-là est instinctif, animal, indiscutable, non négociable, tout autant que brutal et sans concession. Lorsque Catherine dit « Je suis Heathcliff », c’est presque malgré elle, parce que le lien qui existe entre eux dépasse tout.

A ce titre, lire Les Hauts de Hurle-Vent confine à une véritable expérience, bien différente des romans plus lisses de l’époque. On a même parfois du mal à se rappeler que l’oeuvre a été écrite par une jeune femme de 28 ans, vivant isolée dans la lande anglaise avec ses soeurs. Difficile en effet d’imaginer qu’une telle cruauté, qu’une telle noirceur et que des personnages aussi torturés aient pu sortir de l’imagination d’une créature à l’apparence si douce. Cette seconde lecture a donc été presque aussi marquante pour moi que la première, peut-être éclairée différemment par mon expérience de femme, sur la nature de la passion notamment. De nouveau, j’ai été séduite par le style d’Emily, moins fluide sans doute que celui de sa soeur Charlotte (dont j’ai également beaucoup aimé le Jane Eyre), mais envoûtant et sans pareille pour dépeindre cette atmosphère gothique, à la limite du fantastique parfois.

Curieusement, après avoir tellement aimé le roman, je n’ai jamais été tentée d’en regarder les adaptations cinématographiques, trop romanesques, comme la vieille version de William Wyler ou la plus récente de Peter Kosminsky, ou à l’inverse trop minimalistes, comme la dernière adaptation en date d’Andrea Arnold, dont le peu que j’ai vu m’a fortement déplu. En ce qui concerne Les Hauts de Hurle-Vent, et c’est sans doute le seul roman dont je pourrais dire cela, je préfère rester sur mon propre film intérieur : sombre, intense, désespéré.

Je crois que la crise de la quarantaine me guette…

Bon, eh bien ça y est, j’ai 40 ans aujourd’hui ! Mon billet d’aujourd’hui sera donc un reblog 🙂

Belle journée à tous !

Biancat's Room

Je n’en avais pas encore parlé, mais la réalité est bien là : je change de dizaine dans quelques mois ! Autant j’avais apprécié la dernière, théâtre de nombreux événements comme la naissance de mes filles, ou de notre départ de Paris vers le grand Sud. Autant l’imminence de la prochaine me laisse une impression mitigée, parce qu’elle sonne un peu le glas d’une première moitié de vie, et qu’elle résonne comme un moment où l’on se doit de faire un bilan. Aussi parce que dans ma tête, je me suis arrêtée il y a longtemps à 26 ans. Alors certes, la vie continue et (de mon air le plus cool et détendu), je me dis que de nombreuses pages restent encore à écrire.

gifs-animes-gif-pleur

Pardon, je me suis trompée d’image :

dance-dean

Mais malgré cette coolitude de surface, il y a des petits signes qui ne trompent pas :

  • Quand je lis sur facebook…

View original post 251 mots de plus

Georgia on my mind – Ray Charles

Un merveilleux morceau, dont je vous propose aujourd’hui un clip un peu spécial, à la sauce Code Quantum. Cette chanson me rappelle toujours cette scène bouleversante où Al et Beth dansent, séparés par plusieurs dimensions, mais ensemble par le coeur.

Daredevil / sense8 : mes dernières découvertes séries

J’ai déjà évoqué mes expériences sériesques cette année avec Sherlock, Orphan Black, Peaky Blinders ou encore Penny Dreadful. Avec ces shows, j’avais mis la barre haut en termes de qualité. Mes séries doudou étant actuellement en pause, j’en ai profité pour m’intéresser aux nouveautés, avec Daredevil et sense8. Le moins qu’on puisse dire, c’est que mes derniers visionnages ne déparent aucunement avec ce démarrage en fanfare. Peu en quantité, mais je peux dire que jusque là, je frise l’année télévisuelle parfaite.

Daredevil

 daredevil-affiche-matt-murdockSynopsis : Aveugle depuis l’enfance, mais doté de sens incroyablement développés, Matt Murdock combat l’injustice le jour en tant qu’avocat et la nuit en surveillant les rue de Hell’s Kitchen, à New York, dans le costume du super-héros Daredevil. (source : Allociné)

Pour tout dire, j’ai peu de souvenirs du film éponyme avec Ben Affleck et Jennifer Garner, et je n’ai jamais lu le comics. C’est donc avec l’esprit très ouvert que j’ai abordé cette adaptation d’un super-héros que je connaissais très peu en fin de compte. Un peu fatiguée des blockbusters inspirés de l’univers Marvel, j’espérais surtout trouver avec cette série une approche un peu différente, plus profonde, plus sombre, moins axée sur le spectaculaire, avec un héros plus attachant car oui, je l’avoue, j’ai un gros faible pour les super-héros torturés, dans la veine de Spidey ou Batman.

Après avoir vu les 13 épisodes de la série (mon format de série préféré, définitivement), je n’ai réussi à y trouver aucun défaut. Véritablement aucun. Le scénario est impeccablement écrit, articulant le présent avec des flash-backs sur l’enfance de Matt et sa relation avec son père. Ces flash-backs apportent une touche émotionnelle indéniable que j’ai beaucoup aimée et qui contraste avec la violence relative de la série, proche parfois d’un show comme Banshee. Quant aux personnages, aussi bien les principaux que les secondaires, ils sont tous, sans exception, très travaillés et intéressants.

casting-daredevilSi Matt trouve en Charlie Cox l’interprète parfait, à la fois sombre et irrésistible (cette frimousse à croquer ! …), ma mention spéciale va néanmoins à Vincent d’Onofrio. Son interprétation du grand méchant Wilson Fisk est tout simplement époustouflante. Il parvient à apporter à ce personnage brutal une hypersensibilité presque émouvante, pour en faire un personnage d’une complexité assez fascinante. Et que dire de l’ambiance ? Soutenue par un visuel de grande qualité, elle dépasse toutes les attentes que l’on peut avoir d’une adaptation Marvel. Sombre, violente, tout en laissant poindre l’humour grâce au personnage de Foggy (Elden Henson), l’associé de Matt, la touche féminine et glamour étant apportée par les personnages de Karen (Deborah Ann Woll), Claire (Rosario Dawson) et Vanessa (Ayelet Zurer).

Extrêmement bien menée, la saison 1 boucle la boucle et ne s’achève pas sur un suspense insoutenable. C’est néanmoins avec un immense plaisir que je suivrai les aventures de Matt Murdock dans une 2ème saison, et l’arrivée d’Elektra déjà annoncée.

sense8

Sense8-afficheSynopsis : Huit individus éparpillés aux quatre coins du monde sont connectés par une soudaine et violente vision. Désormais liés, ils se retrouvent capables du jour au lendemain de se voir, de se sentir, de s’entendre et de se parler comme s’ils étaient au même endroit, et ainsi accéder aux plus sombres secrets des uns et des autres. Les huit doivent dès lors s’adapter à ce nouveau don, mais aussi comprendre le pourquoi du comment. Fuyant une organisation qui veut les capturer, les tuer ou faire d’eux des cobayes, ils cherchent quelles conséquences ce bouleversement pourrait avoir sur l’humanité. (Source : Allociné)

Sense8 fait partie de ces oeuvres des Wachowskis qui transcendent ou qui divisent, comme l’avait été leur long métrage Cloud Atlas en son temps. De la même façon qu’il était difficile de mettre ce film dans une case cinématographique, il n’est pas aisé de catégoriser sense8. Série fantastique ? Thriller ? Série de moeurs ? Série sentimentale ? C’est un peu tout ça à la fois. En la visionnant, on pense à l’univers ambitieux et mystérieux de Lost (dont on retrouve, dans le rôle de Jonas, le Sayid Jarrah interprété par Naveen Andrews), au plaidoyer pour la différence de Heroes, ou encore au côté thriller paranoïaque d’Orphan Black.

C’est vrai, on se demande à certains moments où les Wachowskis veulent emmener leur scénario au fil des 12 épisodes, et nous spectateurs par la même occasion. Mais ce n’est pas là, à mon sens, que se situe l’intérêt de sense8. Sense8 est avant tout une série profondément humaniste, qui exploite et développe le message déjà très présent dans Cloud Atlas, à savoir qu’à travers l’espace et le temps, nous sommes tous reliés. affiche-sense8Ce concept de base donne lieu à des scènes véritablement magnifiques qui confinent à la magie (après l’épisode 4, vous n’écouterez plus jamais What’s Up des 4 Non Blondes de la même façon) et à des possibilités scénaristiques inédites d’une grande originalité.

8 personnages, cela peut sembler beaucoup. Pourtant, les Wachowskis parviennent à nous impliquer dans chacune de leurs histoires, et à les rendre tous attachants. J’ai aimé la sensibilité de Nomi, la droiture de Will, les fêlures de Riley, la force de caractère de Sun qui m’a rappelé la Mariée de Kill Bill, la détermination de Wolfgang, la fragilité de Lito, le courage de Capheus, les doutes de Kala. Et leurs interprètes, très investis dans leur rôle et véritablement touchants.

Néanmoins, cette série ne parlera pas à tous, certains la trouveront trop foisonnante, trop complexe ou trop naïve, d’autres la trouveront un peu trop gay-friendly. Certains ne pourront tout simplement pas accueillir le message qu’elle porte. Pour ma part, c’est sans doute l’expérience la plus déroutante et la plus émotionnelle qu’il m’ait été donné de vivre avec une série. Un chef d’oeuvre de tolérance et d’humanité.