Atelier d’écriture chez Asphodèle : quand la lumière s’éteint…

Il y a plusieurs années maintenant, j’adorais participer à des ateliers d’écriture, sur le blog « Les lectures d’Asphodèle » ou sur celui de mon amie et écrivaine Olivia Billington. J’ai ainsi retrouvé le dernier texte que j’avais écrit dans ce cadre. Il date de mars 2015, et j’ai réalisé que mon papa s’est éteint en octobre de la même année, ce qui lui donne une résonance particulière aujourd’hui. Je l’ai trouvé (tristement) joli, c’est pourquoi je repartage, tout en vous souhaitant une belle soirée…

Biancat's Room

plumes asphodeleC’est un air printanier que nous souffle la collecte de la semaine chez Asphodèle, dont voici le résultat : douceur, printemps, déserter, sommeil, chaleur, renaissance, air, bernard-l’hermite, édredon, paresse, plume, aile, volupté, insouciance, liberté, vaporeux, virevolter, cigogne, nuisette, ubac, univers, urgence.

Et voici ma proposition :

« Au téléphone, ma mère m’avait dit qu’il n’y avait pas d’urgence, qu’on pouvait arriver tranquillement vers midi, mais on a fini par être en retard, comme d’habitude. A peine descendues de la voiture, les filles se précipitent dans le jardin en hurlant à tous les vents leur liberté retrouvée. Je passe le petit portail vert dans leur sillage et c’est là que j’aperçois mon père : il paresse dans une chaise longue, enfoncé dans un édredon de plumes tout blanc. De loin, on croirait qu’il savoure la douceur du printemps et la chaleur des premiers soleils. Tout est si calme, rien n’a l’air…

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Découverte séries : Black Mirror

Même si je ne suis pas une serial dévoreuse, je ne peux pas vivre sans avoir plusieurs séries en cours. Des séries que je regarde depuis (très ? trop ?) longtemps comme Supernatural, dont la 14ème saison va sans doute avoir raison de ma longue fidélité à Sam et Dean, des séries que je suis depuis 4 ou 5 saisons comme The 100, série post-apocalyptique dont j’aime beaucoup le côté dilemmes et choix impossibles, ou encore des sitcoms incontournables comme The Big Bang Theory dont l’humour geek me fait hurler de rire depuis près de 12 saisons maintenant.

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A côté de ces vieux compagnons télévisuels, j’aime aussi faire des découvertes et me prendre des claques de temps en temps. La dernière en date : la très britannique Black Mirror, disponible sur Netflix. Certes, la série n’est pas neuve, puisque la saison 1 date déjà de 2011, mais mieux vaut tard que jamais : même si la série était depuis fort longtemps dans ma PAV (Pile A Visionner), je me suis enfin lancée ce mois-ci… et je me suis demandé pourquoi je n’avais pas regardé ce petit bijou avant.

Plus qu’une série traditionnelle, Black Mirror est avant tout une anthologie de science-fiction. Des histoires et des personnages différents, réunis par un fil rouge unique : dans un futur plus ou moins proche, des innovations high tech font émerger les tendances les moins avouables de l’être humain, et nous renvoient à nos propres peurs et nos propres zones d’ombre. Ainsi, que se passerait-il si nos souvenirs pouvaient être enregistrés par un implant, puis revisionnés ? Et s’il était possible de faire une copie informatique de notre conscience ? Voilà un exemple des postulats imaginés par les scénaristes. Comme on peut l’imaginer, c’est souvent sombre et pessimiste, mais c’est passionnant.

Qu’on se le dise, Black Mirror n’est pas une série à mettre sous tous les yeux, loin s’en faut. Même si je n’ai vu à ce jour que les 2 premières saisons, je pense pouvoir dire que le premier épisode de la saison 1 (The National Anthem) compte parmi ce que j’ai vu de plus choquant à la télévision, de par la violence psychologique et le côté malsain (et pourtant tellement crédible) de l’histoire. Pour autant, si ce premier épisode peut aisément couper l’envie d’en voir plus, il serait dommage de ne pas poursuivre l’expérience tant le propos de chaque épisode est incroyablement pertinent et réaliste, et ouvre la porte à des heures de réflexion et de débat sur de nombreuses thématiques : la société moderne, le rôle de la technologie, le libre-arbitre, les frontières morales, les penchants humains, la nature de la conscience, la manipulation de l’opinion publique, le pouvoir des réseaux sociaux, …

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Et comme si l’audace des histoires ne suffisait pas, les scénaristes ont créé un OTNI au sein de la série, sorti fin 2018 tel un cadeau de Noël : l’épisode interactif Bandersnatch, qui a fait couler beaucoup d’encre virtuelle. Vous vous rappelez des livres dont vous êtes le héros de notre enfance ? Ici, on repart du même principe : vous suivez l’histoire du personnage principal, un jeune geek dont le rêve est de développer son propre jeu vidéo, et toutes les 5 minutes environ, Netflix vous demande de faire un choix. Ce choix peut avoir des conséquences insignifiantes, comme terriblement impactantes. Les scénaristes ont ainsi concocté pas moins d’une dizaine de fins alternatives, qu’il n’est pas forcément évident de trouver. Le visionnage du film peut ainsi aller d’1h30… à 5 h.

Si l’exercice ne semble pas totalement abouti et que l’histoire tourne parfois un peu en rond, il faut reconnaître que cet épisode follement ambitieux est un véritable tour de force : par la construction de l’histoire, les différents niveaux de mise en abîme et le côté méta de certaines branches du scénario (en tant que fan de Supernatural, dont les épisodes méta sont mes préférés, je suis totalement fan des séries qui s’auto-référencent ^^). Un véritable labyrinthe créatif qui, selon les dires des scénaristes, a failli les rendre aussi fous que leurs personnages !

Alors si vous n’avez pas encore tenté l’expérience Black Mirror, foi de Biancat, foncez…