Ridiculous Girl refait du vélo

porquerolles

Hier, nous avons passé une merveilleuse journée à Porquerolles, une petite île au large de la presqu’île de Giens, près de Hyères.

Après une petite traversée en bateau de 15 mn, première mission : trouver des vélos, parce que sur Porquerolles, c’est de loin le meilleur moyen pour se déplacer d’un endroit à un autre, surtout quand on a deux fripouilles, un énorme sac de plage et une glacière. A la descente du bateau, avec mon bon de réduction trouvé sur Internet, nous partons à la recherche du généreux loueur. Deux VTT pour adultes et deux carioles plus tard, l’équipée sauvage part rejoindre ses amis sur la plage d’Argent, où ils lui ont donné rendez-vous.

Les premières dizaines de mètres, je suis grisée par le plaisir de refaire du vélo, la vitesse, le vent sur mon visage. Les filles derrière moi rient à gorge déployée dans leur cariole et font des coucous à leur papa qui pédale devant. Joli tableau idyllique d’une journée de bonheur familial.

Sauf que dix minutes plus tard, la route monte, je commence à transpirer et j’ai l’impression que mes cuisses doublent de volume. Je vois bien les petits pistons sur mon guidon à gauche et à droite sauf que voilà : ça fait tellement longtemps que je n’ai pas pédalé que je ne sais même plus passer les vitesses et j’ai oublié de demander un petit rappel avant de partir.  Je tente quand même un trifouillage hasardeux des pistons, mais horreur, c’est encore plus dur et mes cuisses approchent dangereusement du triplement de volume.

Playmobil-3068-Velo-Remorque-Playmobil-276323130_MLFinalement, je n’en peux plus et je dois m’arrêter, en pleine montée et en plein soleil, en me demandant comment je vais bien pouvoir repartir avec mon fardeau de presque 40 kg, surtout que Papa a pris un peu d’avance et qu’il a disparu après un virage.

Heureusement, peu de temps après, Papa, n’entendant plus les gloussements des fripouilles, a rebroussé chemin pour venir à ma rescousse. Et il explose de rire en voyant ma figure écarlate, baignée de sueur, et moi glapissant des ‘J’en peux pluuuuuus……..’. Je lui explique succinctement mon problème et il me dit ‘Mais tu n’as jamais passé de vitesses sur un vélo ??’. Et moi, dépitée : ‘Euh non, enfin si, mais ça remonte à… je ne sais plus…’.

Après un petit cours sur le passage de vitesses – grâce auquel j’ai notamment réalisé que j’étais sur un très gros braquet, en pleine pente, et que c’est visiblement très déconseillé -, je remonte sur mon vélo. Le problème c’est qu’il faut passer les vitesses en pédalant et qu’avec mon gros braquet je n’arrive même pas à repartir, ce qui fait glousser un petit papy qui se promène dans l’autre sens.

Bref, après avoir poussé le vélo et la cariole jusqu’en haut de la pente, je redémarre péniblement, et quand on arrive finalement à la plage d’Argent, je remercie le ciel de mettre fin momentanément à mes souffrances.

Après avoir garé les vélos, l’équipée sauvage rejoint enfin ses amis, moi je suis décomposée, rouge et en eau, les cuisses tremblotantes. Mais je peux vous jurer que la baignade qui a suivi, ainsi que celle du soir, après quelques kms en vélo pour rejoindre la magnifique plage de Bonnegrâce, ont été parmi les meilleures de ma vie.

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Ridiculous Girl à la station-service

Décidément, ces derniers temps j’ai un vrai problème avec les stations-service, à moins que ça ne soit avec cette petite station du Var précisément ?

Il y a quelques semaines déjà, en allant faire le plein, impossible après l’opération de revisser le bouchon d’essence. Quand je dis impossible, c’est au point que le gentil monsieur derrière la vitre a été obligé de sortir de sa boutique pour venir m’aider. Il faut dire qu’une damoiselle en détresse, peinant et pestant sur son bouchon récalcitrant, avec un poids lourd qui attend derrière, à un moment donné il faut faire quelque chose.

Forte de cette expérience un peu cuisante, hier j’y suis retournée quand même, clés de voiture entre les dents, en me disant que statistiquement je ne pouvais pas me couvrir de ridicule deux fois de suite au même endroit. Aujourd’hui, je vous l’affirme : il ne faut pas faire confiance aux statistiques.

Pompe-essence-300x300L’air digne, je me poste donc sur une pompe, je prends le pistolet, je dévisse mon bouchon, jusque là tout va bien. J’enclenche la gâchette, et là, à mon grand désarroi rien ne coule. Je m’escrime (je commence à avoir l’habitude) mais rien à faire, au bout de 5 mn, j’ai juste réussi à mettre 5€ d’essence et je réalise qu’il me faudra 1h pour finir mon plein à cette allure.

La mort dans l’âme, je laisse tout en plan pour aller demander de l’aide au gentil monsieur (manque de chance c’était le même, et manque de chance, il se souvenait de moi et de mes mésaventures de bouchon…). Là, il m’explique que je me suis installée sur une pompe ‘gros débit’ réservée aux camions. Je lui dis : ‘Mais je fais comment, moi, pour savoir que c’est une pompe spéciale ??’ et il me répond d’un air narquois (si, si, je l’ai vu !) : ‘C’est écrit dessus’. C’est faux : je regarde et il y a juste un autocollant bleu avec un camion dessus. Moi je n’ai jamais entendu parler des pompes ‘gros débit’ alors non, désolée mais un camion sur un autocollant, ça ne me parle pas du tout.

Il m’explique la manoeuvre à faire pour que ça finisse par couler, mais à ce moment-là j’ai perdu définitivement confiance en mes capacités à faire le plein correctement aujourd’hui alors je le supplie de me laisser changer de pompe.

Au moment de payer, je vois bien son sourire moqueur, et je me justifie en lui disant que oui, c’était la première fois que mon bouchon récalcitrait et que non, je n’avais JAMAIS entendu parler des pompes spécial camions. Alors avant de partir, il me dit avec un sourire : ‘Ne vous inquiétez pas, la prochaine fois je sortirai et si vous voulez, je vous la mettrai’. J’espère qu’il parlait de l’essence, mais qu’importe, je crois que je n’y retournerai pas.