Breizh Power

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Ce qui est réconfortant avec un blog, c’est que même sans son auteur, il continue son petit bonhomme de chemin, engrange tranquillement les vues et les visiteurs. Pendant qu’il menait sa petite vie sur WordPress, de mon côté, j’ai traversé la France et quitté le grand Sud pour m’installer en Bretagne avec mes Fripouilles, il y a un mois de ça. Un changement de vie total qui ne s’est pas fait sans angoisse, mais qui est contre toute attente arrivé à son terme, grâce à beaucoup de chance et d’heureux hasards.

Installée dans un appartement chaleureux, près de l’amoureux, avec un bon poste, dans une magnifique région, la vie se reconstruit tranquillement. Je reprends peu à peu la lecture et le visionnage de séries, l’écriture me chatouille, tout comme l’envie de faire la touriste aux pays des Korrigans et de poser régulièrement quelques mots ici. Bref, Biancat reprend du poil de la bête. Sans doute le pouvoir des crêpes et du chouchen 🙂

La Fille du Feu décroche un poste à Marseille

Depuis mon arrivée dans le Sud, le moins qu’on puisse dire est que ma vie professionnelle n’aura pas été un long fleuve tranquille : de réunions de recrutement étranges en expériences parfois cuisantes, j’avais fini par m’installer en tant que rédactrice indépendante. Séparation oblige, j’ai dû replonger dans l’arène du marché du travail pour regagner mon indépendance. Pour l’occasion, Katniss avait ressorti son arc et son costume de geai moqueur, et croyez-moi ce n’était pas du luxe, dans une région où les places sont chères, très chères.

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Première étape : faire sortir son CV du lot

Cette semaine de janvier, j’envoie trois candidatures, un exploit étant donné le peu de postes qui correspondent à mon profil. Sur les trois, contre toute attente, je décroche deux entretiens, un à La Ciotat, près de chez moi, et un à Marseille. Après un pré-entretien téléphonique sur le poste de La Ciotat, je suis convoquée en entretien dans les locaux de l’entreprise. Je suis en short-list mais malheureusement cela n’ira pas plus loin car j’apprends rapidement que je n’ai pas été retenue. C’est alors que commence mon aventure marseillaise.

Test de recrutement, vous dites ?

Je suis dans un premier temps convoquée pour un test de recrutement. Je n’ai jamais fait ça et par conséquent j’imagine un peu tout et n’importe quoi : test graphologique ? Etude de mon thème astral ? Etude de compatibilité avec mes futurs collègues sur la base de mon signe chinois ? C’est donc la fleur au fusil que j’arrive dans l’entreprise, presque à l’heure malgré un ter en retard. La DRH, en réunion, me fait attendre. Quand elle finit par arriver, elle me reçoit dans son bureau pour me présenter le fameux test et je vise la grosse liasse qu’il va me falloir traiter. S’excusant de ne pas avoir de salle de réunion libre, elle m’installe devant un ordinateur, dans un open space où évoluent les salariés de l’entreprise. Voilà de quoi me mettre dans le bain. Démarre alors une série interminable de tests en tout genre : questions personnelles sur mes qualités et défauts, mes attentes aussi, mises en situation professionnelles, tests mathématiques et logiques, rédaction en français et en anglais, évaluation de mes capacités sur Word et Excel, etc. Plus de trois heures après, épuisée, affamée, je finis par venir à bout de la bête, en ayant conscience que je n’ai pas tout réussi, ni même tout terminé.Tant pis, je n’ai pas le courage de relire et je rends ma copie. Perplexe après cette expérience inédite, je quitte l’entreprise.

L’épreuve des entretiens

Quelques jours plus tard, je reçois un mail de convocation pour le deuxième round : les entretiens. J’en conclus que les tests se sont plutôt bien passés. Consciente des conditions discutables dans lesquelles j’ai passé le test de recrutement (mais existe-t-il des conditions idéales en entreprise ?), la DRH accepte d’avancer mon rendez-vous de quelques jours pour que je puisse partir en vacances, ce que j’apprécie vraiment. Ce jour-là, je dois la rencontrer, puis faire connaissance avec le Directeur Commercial, avec lequel je suis censée travailler, et le Directeur Général. Au final, plus de trois heures d’échanges et de questions. Curieusement, avec l’expérience (et l’âge ?), je ne crains plus les entretiens : le mieux est encore de rester soi-même et de ne pas tromper le recruteur sur la marchandise, d’autant plus que mes 15 ans d’expérience professionnelle parlent en grande partie pour moi. Je ressors donc plutôt satisfaite : j’ai eu un très bon feeling avec mes interlocuteurs, que j’ai trouvé professionnels, avec un excellent esprit d’équipe. Si je ne suis pas retenue, je sais au moins que je n’aurai aucun regret quant à ma prestation.

Fin des Hunger Games de l’emploi

La semaine suivante, je reçois un appel de la DRH. Croyant avoir la fameuse réponse à l’issue des épreuves déjà passées, j’éprouve une pointe de déception quand je réalise que je n’avais pas anticipé le troisième round : l’examen des références. Je suis tranquille sur le sujet : j’ai toujours gardé d’excellentes relations avec mes anciens managers et collègues, il suffit juste de sélectionner ceux qui me vendront le mieux ! A ce stade, je me demande quand le parcours du combattant s’arrêtera enfin. Il semblerait que cette fois ce soit le cas, avec le dernier appel que je reçois en fin de semaine. Après des heures sur le gril, on m’apprend que j’ai triomphé de cinq autres candidats. Katniss la Fille du Feu a décroché le poste, mettant un terme à ces Hunger Games marseillais. Je commence donc un nouveau travail, et une nouvelle phase de ma vie dans 10 jours. Nouveau défi et pas des moindres, maintenant : résoudre le casse-tête de la garde de mes Fripouilles !

 

Life changes…

Que de bouleversements dans ma vie ces derniers mois, d’où ma quasi-absence depuis l’été dernier : un papa disparu, une séparation, beaucoup de regrets, un merveilleux amoureux si près et si loin à la fois, des Fripouilles à préserver, une vie entière qui part en miettes et qui reste à réinventer… Beaucoup pour une petite personne. A tel point qu’elle a fini par s’écrouler sans voir venir le gouffre, et par se retrouver une semaine à l’hôpital psychiatrique en burnout total.

Une semaine coupée du monde dans un univers fou et touchant à la fois, avec une Ginette en départ perpétuel chaque jour, un Aouma avec son âme prétendument damnée, une Marie épuisée d’avoir trop travaillé, une Basma en colère contre la Terre entière, et d’autres dont chaque histoire m’a émue. Une semaine de larmes, de remises en question, et de paix, paradoxalement. Une semaine pendant laquelle mon amoureux a traversé la France pour me voir une heure et demi seulement, me prouvant que la pente valait la peine d’être remontée. Une semaine après laquelle mes Fripouilles et moi avons été tellement heureuses de nous revoir.

Dans le même temps, l’actualité du monde est aussi partie à vau-l’eau, presque au diapason de mon tsunami intérieur. Des morts atroces et injustes fin 2015, de tristes départs à peine la nouvelle année commencée (une pensée émue pour Alan Rickman hier, inoubliable Professeur Rogue). C’est donc justement parce que la vie est courte que j’ai décidé de me remettre à écrire dans ce blog, même si j’avoue avoir un peu de mal à reprendre le fil de mon existence. Parce que la vie doit reprendre ses droits, parce que l’adversité ne doit pas finir d’étouffer celle que je suis.

Enfin, parce qu’outre un entourage en or, la musique m’a aussi beaucoup aidée à tenir, voici une récente découverte que je partage avec vous aujourd’hui :

A mon papa

J’aimais déjà beaucoup ce texte. Il me touche encore plus particulièrement aujourd’hui, alors que je viens tout juste de laisser partir mon cher papa. Notre nature humaine étant ce qu’elle est, nous ressentons de la tristesse, pourtant la mort n’est qu’un passage…

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« Quand je ne serai plus là, lâchez-moi,
Laissez-moi partir
Car j’ai tellement de choses à faire et à voir,
Ne pleurez pas en pensant à moi !

Soyez reconnaissants pour les belles années
Pendant lesquelles je vous ai donné mon amour.
Vous ne pouvez que deviner
Le bonheur que vous m’avez apporté !

Je vous remercie pour l’amour que chacun m’a démontré.
Maintenant, il est temps pour moi de voyager seul.
Pendant un court moment, vous pouvez avoir de la peine.
La confiance vous apportera réconfort et consolation.
Nous ne serons séparés que pour quelques temps !

Laissez les souvenirs apaiser votre douleur,
Je ne suis pas loin et la vie continue.
Si vous en avez besoin, appelez-moi et je viendrai,
Même si vous ne pouvez me voir ou me toucher, je serai là,
Et si vous écoutez votre cœur, vous sentirez clairement
La douceur de l’amour que j’apporterai.

Quand il sera temps pour vous de partir,
Je serai là pour vous accueillir,

Absent de mon corps, présent avec Dieu.
N’allez pas sur ma tombe pour pleurer,
Je ne suis pas là, je ne dors pas !

Je suis les mille vents qui soufflent,
Je suis le scintillement des cristaux de neige,
Je suis la lumière qui traverse les champs de blé,
Je suis la douce pluie d’automne,
Je suis l’éveil des oiseaux dans le calme du matin,
Je suis l’étoile qui brille dans la nuit !

N’allez pas sur ma tombe pour pleurer
Je ne suis pas là, je ne suis pas mort. »

Prière amérindienne

Let there be love…

Ce week-end, l’heure était aux retrouvailles avec mes amis de coeur. Des personnes aux origines aussi variées que leurs cheminements personnels, avec en commun cette même lumière dans les yeux et le sourire. L’année dernière, nous nous étions retrouvés dans les Cévennes, cette année, nous avons choisi le Sud, chez moi. Un week-end de joie et de partage à base de bière, de saucisse sèche et de fromage, de piscine, de rires, mais aussi d’échanges spirituels parfois très profonds ou de confidences.

Pour ce groupe, le mot amitié me semble presque inapproprié tant ce que nous partageons est au-delà de ce que l’on met habituellement derrière ce mot, et de ce que j’ai pu vivre par ailleurs. Nous venons tous d’horizons différents, nos voies spirituelles sont plurielles. Ce qui est unique en revanche, c’est le bonheur que nous éprouvons à être tous ensemble.

Alors au fil des départs cette semaine, j’atterris en douceur de ce presque trop-plein de bien-être, d’amour, de lâcher-prise. Et je savoure ma chance, je me dis qu’avec des relations de cette qualité, peu d’amis sont nécessaires en réalité. Let there be love…

Miroir, mon beau miroir…

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Vous êtes-vous déjà interrogé sur l’image que les plate-formes virtuelles renvoient de vous ? Récemment, certaines conversations sur Facebook m’ont mise malgré moi face au miroir, entraînant toute une salve de questions : qu’est-ce que les réseaux sociaux disent de moi ? Le reflet renvoyé est-il fidèle ? Quelle est la facette de moi que j’accepte de montrer ? En parcourant ma page personnelle, j’y ai vu plusieurs personnages : la fille gaie qui se veut cool et qui aime rire de tout, la mère en apparence détendue, la téléspectatrice qui commente The Voice, la férue de séries, la fan de Maroon 5, l’amoureuse des chats, et d’autres encore. Beaucoup de légèreté, peu de profondeur.

Mais c’est surtout ce que je ne dis pas sur cette page qui m’a sauté aux yeux. Car je ne dis pas mes amis qui me manquent depuis notre départ dans le Sud et mon besoin d’échanges vrais. Je ne dis pas la tristesse de voir mon père diminué par la maladie. Je ne dis pas le dépit et le pessimisme que m’inspirent parfois la nature humaine et l’avenir. Je ne dis pas ma soif de spiritualité, ni mes angoisses existentielles. Je ne dis pas non plus mes difficultés de maman au quotidien, ni mes doutes quant au fait d’être une bonne mère. Je ne dis pas mes regrets. Je ne dis pas mes côtés sombres.

Que reste-t-il alors ? Des réseaux sociaux comme exutoires, comme espaces de superficialité sans aucun doute, mais en même temps générateurs de lien et de cohésion quand la distance géographique s’impose. Certes, mon personnage Facebook est tout en statuts et partages fantaisistes, sans grande portée. Il correspond néanmoins à ce que j’ai envie de partager sur ces lieux éphémères, parce que plus serait à mes yeux inapproprié, voire impudique, parce que plus est le territoire de la vraie vie.

Je crois que la crise de la quarantaine me guette…

Je n’en avais pas encore parlé, mais la réalité est bien là : je change de dizaine dans quelques mois ! Autant j’avais apprécié la dernière, théâtre de nombreux événements comme la naissance de mes filles, ou de notre départ de Paris vers le grand Sud. Autant l’imminence de la prochaine me laisse une impression mitigée, parce qu’elle sonne un peu le glas d’une première moitié de vie, et qu’elle résonne comme un moment où l’on se doit de faire un bilan. Aussi parce que dans ma tête, je me suis arrêtée il y a longtemps à 26 ans. Alors certes, la vie continue et (de mon air le plus cool et détendu), je me dis que de nombreuses pages restent encore à écrire.

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Pardon, je me suis trompée d’image :

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Mais malgré cette coolitude de surface, il y a des petits signes qui ne trompent pas :

  • Quand je lis sur facebook les tribulations de copines qui font la fête trois soirs par semaine, je me surprends à avoir la nostalgie des folles nuits de ma jeunesse, quand je dansais des heures durant perchée sur 10 cm de talons.

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  • Avant, quand je lisais les success story de personnes qui réalisent leurs rêves, je trouvais ça chouette et galvanisant. Aujourd’hui, je trouve toujours ça chouette et galvanisant, mais en sourdine, j’entends un tic-tac qui me dit qu’il faut que je me dépêche de faire pareil.

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  • Je commence à utiliser l’expression « C’est plus de mon âge ».
  • J’ai envie d’un troisième enfant, enfin mes hormones, parce que mon cerveau, lui, me hurle que c’est la pire des fausses bonnes idées, quand je vois à quel point mes deux Fripouilles me fatiguent déjà.

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Alors, vous en pensez quoi, vous, crise ou pas crise ?

Comme il vaut mieux prévenir que guérir, je décide, à l’aube de cette seconde moitié :

  • de profiter de la vie au jour le jour
  • d’assumer mes cheveux blancs et mes rides
  • de créer chaque jour
  • de ne plus m’inquiéter pour tout (et surtout pour rien)
  • de regarder Super Nanny (pour bien réaliser que si j’en fais un troisième, je ne suis pas à l’abri qu’il soit comme ceux de l’émission)
  • de sourire plus
  • de laisser la porte grande ouverte aux surprises de la vie

Et si vous aviez d’autres suggestions pour que je passe le cap comme une fleur, je suis preneuse.

Je bosse, donc j’écris : vis ma vie de rédactrice

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On parle de séries, de bouquins, de choses et d’autre ici… Mais que devient donc la Fille du Feu, à savoir mon Moi professionnel ? Je m’étais beaucoup épanchée sur le sujet à une certaine époque (il faut dire qu’il m’en était arrivé, aussi), et depuis c’est le silence radio. Qu’à cela ne tienne, aujourd’hui, c’est un épisode spécial 3615 Ma Vie – rubrique Fille du Feu.

Previously… Fin 2013, après divers déboires, j’avais décidé de m’installer à mon compte en tant que rédactrice freelance. S’installer comme auto-entrepreneur, rien de plus simple, un formulaire à remplir et le tour est joué. Là où ça se complique, c’est lorsqu’on passe à la phase de prospection parce que les clients, ça ne pousse pas dans le jardin (et c’est bien dommage), et dire « J’adooooore écrire, faites-moi travailler », ça ne suffit pas.

crayon-sur-clavier-ordinateurThen… Heureusement, dans mon Sud, le bouche-à-oreille marche d’une manière exceptionnelle. J’ai donc démarré rapidement en travaillant avec des petites entreprises du coin, en rédigeant pour elles toutes sortes de choses : du dépliant commercial au site Internet, en passant par des kits d’animation commerciale, des documents administratifs, voire même du contenu pour applis de smartphones ! Tout en continuant à écrire régulièrement ici. Parce que mine de rien, le blog est une sacrée école qui délie la plume comme personne.

Now… La petite entreprise prend tranquillement son envol. Après les petites sociétés du Sud, on m’a proposé une mission récurrente pour une association que j’adore et dont je vais tenir le blog, une fois que le webmaster se sera dépêtré de menus problèmes techniques et que je pourrai (enfin) publier les articles que j’ai déjà écrits et qui se bousculent au portillon. D’autre part, après avoir écrit pour quelques sites Internet, je travaille aujourd’hui avec plusieurs agences éditoriales de façon régulière, essentiellement pour le Web. Ca ne rapporte pas forcément beaucoup, ça demande du travail, mais en termes d’expérience et de références, c’est top.

ecriture-ordinateurNext… Je suis la première surprise, mais il semblerait que ma reconversion professionnelle soit un succès. Il reste encore beaucoup à parcourir et à pérenniser, bien sûr. Je voudrais aussi me dégager du temps pour écrire mes propres histoires. Néanmoins, depuis mon départ de Paris il y a presque 4 ans, j’ai enfin réussi à enterrer mon ancienne vie professionnelle. Du moins dans ma tête, car ce n’est jamais facile de lâcher prise, de fermer la porte et de jeter la clé. Maintenant que c’est fait, à moi désormais d’écrire les prochains chapitres.

Noël sans Père Noël, ce n’est pas vraiment Noël…

pere-noelSoyons honnêtes : le Père Noël est le premier gros mensonge que nous racontons à nos enfants, et pendant plusieurs années en plus. Mais les étoiles dans leurs yeux au moment de Noël ne valent-elles pas ce petit déguisement de la vérité ?

Entre tradition chrétienne et folklore, entre la crèche du petit Jésus et les lutins du Père Noël, Noël est un joyeux mélange. A vrai dire, je ne me suis jamais posé la question de savoir si j’allais parler ou pas du Père Noël à mes filles parce que pour moi, il était évident que oui. Je me rappelle les moments passés à imaginer comment le Père Noël pouvait bien se glisser chez moi, les jours d’attente impatiente, les lettres que je lui préparais méticuleusement, la magie du petit matin avec les cadeaux au pied du sapin. Cette magie, pas de doute, il fallait absolument que je la partage avec mes filles.

A mon plus grand étonnement, en CE1, ma grande fripouille croit encore au Père Noël, même si c’est devenu différent avec les années. Plus petits, les enfants croient au bonhomme rouge et blanc béatement, sans trop se poser de questions, parce que la frontière est floue entre le monde réel et le monde du rêve. En grandissant, ils s’interrogent : pourquoi y a-t-il plusieurs Pères Noël à différents endroits ? Pourquoi ne se ressemblent-ils pas ? Comment est-il possible de distribuer autant de cadeaux à autant d’enfants en une seule nuit ? Pourquoi doit-on se limiter dans sa commande alors que c’est gratuit avec le Père Noël ?

pere-noel-traineau-rennesAvec la fripouille, on a trouvé quelques réponses : ces Pères Noël qui fleurissent de partout ne sont que des assistants qui travaillent pour le vrai, parce qu’il ne peut pas être partout, évidemment. Et puis tout le monde le sait : le vrai Père Noël est un être magique, il faut au moins ça pour accomplir une telle mission. Et personne ne l’a jamais vu. Enfin, on ne peut pas commander tout ce qu’on veut parce qu’il faut bien sûr partager avec tous les autres enfants de la Terre. La créativité des enfants n’est-elle pas irrésistible quand elle sert à faire durer le rêve le plus longtemps possible ?

Alors tant qu’un petit camarade indélicat ne vend pas la mèche et que la question fatidique ne vient pas, je joue le jeu à fond. Mes poupettes préparent soigneusement leur lettre, la postent dans les boîtes aux lettres prévues à cet effet, préparent des petits cadeaux à l’attention du Père Noël. De mon côté, je dispatche la liste entre les généreux donateurs, je cache les cadeaux. Je leur prépare aussi une petite vidéo du Père Noël sur Internet* (qui au passage a eu un effet bœuf la toute première fois !). La seule chose que j’espère, c’est qu’elles ne vivront pas la découverte du pot aux roses comme une trahison, que la déception ne sera pas trop grande et que ma grande fripouille saura tenir sa langue pour prolonger la magie pour la plus petite. Quand elles sauront, je leur rappellerai les merveilleux moments qu’elles auront vécu et avec le recul, je parie qu’elles aussi trouveront que le jeu en valait la chandelle.

* Pour faire vous aussi votre vidéo du Père Noël : https://www.portablenorthpole.com/fr/

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Ridiculous Girl à la remise de prix

Jeudi, j’étais invitée à la remise de prix d’une Fondation, prix remis à une association pour laquelle je suis missionnée en tant que rédactrice web. Cette association varoise, que je connais depuis 3 ans, fait un travail extraordinaire avec des enfants victimes de maltraitance, au travers de deux maisons d’accueil permanent. J’ai donc fait une danse de la joie doublée d’une ode au soleil lorsque mon amie qui y travaille a fait appel à mes services.

reporter-femmeAinsi, jeudi, c’est en tant que reporter que je me rendais à la cérémonie. Mais c’était sans compter la Ridiculous Girl qui sommeille en moi et qui surgit toujours au moment où je m’y attends le moins. Tout a commencé lorsque j’ai décidé, conseillée par mon GPS (= antiquité parlante de plus de 10 ans qui est censée m’indiquer mon chemin quand je sais où je vais mais que je ne sais pas comment), de ne pas prendre le tunnel de Marseille. Me voilà donc embringuée dans la ville, en travaux depuis mon retour dans le Sud, soit 3 ans. Routes barrées, nouveaux sens uniques, bouchons, retours imprévus sur l’autoroute à 5 minutes du but, j’ai eu droit à tout. Après moult péripéties, je finis malgré tout par atteindre le périmètre de la tour où était en train de se dérouler l’événement, sauf que je n’ai jamais trouvé l’entrée du parking souterrain.

course-talonsA un feu rouge, désespérée, déjà affreusement en retard, j’aperçois un trou de souris sur un trottoir, tout juste fait pour ma Clio. Je la jette gare à l’arraché, avant de m’en extraire tel un polichinelle sous cocaïne, pour entamer une course effrénée, en chaussures à talons évidemment.

Quand j’arrive enfin au bâtiment, je trouve une porte fermée à clé. Un vigile m’ouvre gentiment. Avec mon dernier filet d’air disponible, je lui dis dans un râle que je cherche l’auditorium. « Mais madame, il n’y a pas d’auditorium ici ». Moi, décomposée : « Mais je ne suis pas au 4 quai d’Arenc ? ». « Si, mais c’est peut-être à la tour principale, juste derrière. » Re-course en talons. A bout de souffle et de forces, je pénètre dans la tour, on m’indique (alléluia !) le chemin de l’auditorium (trop de bonheur, je manque même d’embrasser les jeunes filles de l’accueil). Je me glisse discrètement dans l’amphithéâtre, rouge, en nage, la gorge en feu. Et je réalise avec bonheur (et un immense étonnement) que malgré mon honteux retard, je n’ai presque rien manqué. La directrice de la Fondation termine son introduction, puis les enfants de l’association montent sur scène. Entre les discours des personnes-clés de l’association, ils entonnent des chansons, récitent des textes dont les mots prennent l’assistance aux tripes. Je les ai déjà vus à l’oeuvre, pourtant ils me fusillent émotionnellement comme à chaque fois.

Contre toute attente, j’ai accompli ma mission, et je me dis que Ridiculous Girl doit certainement avoir un ange gardien un peu farceur quelque part.

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