The Handmaid’s Tale : la pépite de Hulu

Handmaids-tale-affiche

Depuis quelques années, Netflix domine le monde des séries de la tête et des épaules, avec des oeuvres originales d’une qualité digne du grand écran, de sense8 à Daredevil, en passant par Stranger Things ou Orange is the new black, pour ne citer que celles-ci. C’était sans compter avec Hulu et le grand coup que la plateforme américaine a frappé cette année avec The Handmaid’s Tale (La Servante Écarlate), adapté du roman éponyme de Margaret Atwood, publié en 1985. Pour moi, le coup de coeur de 2017.

Synopsis : Dans une société dystopique et totalitaire au très bas taux de natalité, les femmes sont divisées en trois catégories : les Épouses, qui dominent la maison, les Marthas, qui l’entretiennent, et les Servantes, dont le rôle est la reproduction. (Source : Allociné)

Grande gagnante des Emmy Awards 2017, la série The Handmaid’s Tale a raflé pas moins de 8 récompenses sur 13 nominations, dont celui de la meilleure série dramatique, de la meilleure actrice dans une série dramatique pour Elisabeth Moss, du meilleur second rôle pour Ann Dowd et de la meilleure écriture pour une série. Au vu des thèmes abordés – la condition et l’asservissement de la femme, la fragilité des démocraties ou la puissance de la religion – ce sacre est éminemment politique compte tenu de l’actualité, mais cela n’ôte rien aux qualités intrinsèques de la série.

Une description quasi-clinique d’un monde dystopique effrayant

Terrifiant et littéralement glaçant, le premier épisode annonce la couleur : exit les dystopies inoffensives pour adolescents qui ont fleuri sur petits et grands écrans ces dernières années. On a ici affaire à une dystopie pour adultes, et c’est passionnant. On y découvre le quotidien d’Offred, servante au service d’un couple de la nouvelle élite, Serena et Fred Waterford. La raison d’être de sa présence au sein de leur demeure ? Procréer, parce qu’elle reste l’une des rares femmes fertiles dans une société où la pollution a passé la ligne rouge et rendu les humains stériles. On y découvre ainsi le terrible (et choquant) rituel de la « Cérémonie », qui n’est rien de moins qu’un viol mis en scène sous couvert de religion, et ne peut manquer de mettre le spectateur mal à l’aise. Afin de bien asseoir le malaise, le rythme se veut volontairement lent, et l’ambiance lourde et pesante. À tel point que la série use finalement assez peu d’images choc, tant la violence psychologique de l’histoire se suffit à elle-même.

the-handmaids-tale-serena-fred-waterford.jpg

Après ce premier épisode, on est tenté de se dire que cette dystopie va trop loin pour être crédible, que non, nos civilisations modernes ne peuvent pas tomber dans de tels extrêmes, comme je l’ai lu dans certains commentaires. Et puis on se rappelle qu’il y a eu le nazisme et les camps de concentration, que nombre de dictatures existent encore partout dans le monde, que dans certains pays on excise encore les femmes, que dans d’autres elles portaient des jupes il y a quelques années et qu’aujourd’hui elles portent de nouveau le voile, que Donald Trump est président.

C’est là que la série prend alors toute sa force : par un savant jeu de flash-backs et une écriture au cordeau, elle démonte nos propres objections et dévoile peu à peu comment la société américaine en est arrivée là, en utilisant des armes redoutables : l’intolérance, le totalitarisme, la religion et la terreur, celles qu’on lit à chaque instant dans les yeux de tous les personnages féminins. On découvre aussi la vie d’Offred alors qu’elle était encore June, et comment elle a inexorablement basculé dans l’horreur.

Un casting féminin impeccable

Si The Handmaid’s Tale est aussi réussie, c’est en premier lieu parce qu’elle est portée par des interprètes féminines de haut vol. En tête du casting, Elisabeth Moss (Mad Men) compose une magnifique Offred/June dans un rôle difficile s’il en est et démontre qu’elle est une très grande actrice. Au fil des épisodes, elle fait évoluer imperceptiblement son personnage de servante que l’on croit broyé par le nouveau système, mais sur lequel June finit par reprendre peu à peu ses droits, laissant filtrer des rais de lumière dans la noirceur du récit.

Dans le rôle ambigu de Tante Lydia, sorte de mère supérieure en charge de l’éducation des servantes dans un centre appelé le Red Center, Ann Dowd est géniale de cruauté et de bienveillance malsaine et déviante. Ce rôle n’est d’ailleurs pas sans rappeler celui qu’elle tenait dans la saison 1 de The Leftovers. Dans le rôle de l’Épouse Serena Waterford, la sublime Yvonne Strahowski (vue dans Dexter en Hannah McKay) livre une prestation toute en nuances. Au fur et à mesure que l’on découvre également son passé, elle présente différentes facettes qui rendent le personnage à la fois profond et touchant, tout autant qu’haïssable. On pourrait également citer Samira Wiley (Moira) ou Alexis Bledel (Ofglen), mais c’est définitivement Madeline Brewer que j’ai trouvée la plus poignante, dans le rôle d’Ofwarren/Janine : émouvante, lunaire, rebelle et entière.

The-Handmaids-Tale-Madeline-Brewer-ann-dowd.jpg

Paradoxalement, même si dans cette histoire toutes les femmes sont des victimes  – les Servantes réduites à l’état d’esclaves sexuelles, les Épouses au silence et à l’humiliation, et les Marthas au rôle de domestiques soumises – les hommes sont pourtant falots et sans charisme, à l’image du transparent Nick. De même, dans un rôle comparable à celui de Monseigneur Timothy Howard, directeur de l’asile d’American Horror Story Asylum, Joseph Fiennes, même s’il ne brille pas par ses talents d’acteurs, est finalement parfait dans la peau du Commander Waterford : puissant par son statut, mais détestable et méprisable par sa lâcheté et sa faiblesse.

Du fond, de la forme aussi

The Handmaid’s Tale aurait pu se contenter d’être soutenue par une histoire forte et un casting sans faute. Pourtant, ces deux aspects ne sont pas ses seules qualités. L’image et la photographie sont elles aussi impeccables, avec une utilisation subtile des clairs-obscurs et des gros plans sur les visages expressifs des actrices. Par ailleurs, dans le monde gris et terne de la République de Gilead, les uniformes rouges des servantes offrent des fulgurances de couleur qui servent admirablement la violence du propos.

handmaids.jpg

Dans The Handmaid’s Tale, il y a également une bande-son, mêlant sons rock, folk ou électro, à des morceaux originaux plus classiques à base de violon et de piano, composés par Adam Taylor. Toujours à propos, les morceaux de fin d’épisode viennent faire écho à l’histoire. C’est ainsi que le 10ème épisode fait appel à une version revisitée du Feeling Good de Nina Simone, donnant une note d’espoir pour la suite.

Et la suite me direz-vous  ? Je n’ai pas lu le roman de Margaret Atwood mais il semblerait que cette première saison utilise intégralement le matériau original. Or, il est évident à la vision du dernier plan que la série aura une suite. La question est donc de savoir si les scénaristes sauront garder la force du propos et ne pas perdre l’esprit de l’oeuvre originale. En tout cas, après cette saison 1, j’ai très envie de savoir ce qu’il adviendra d’Offred et serai au rendez-vous de cette série d’ores et déjà essentielle et indispensable.

 

 

 

Publicités

Sherlock – Saison 4 : l’apothéose

affiche-sherlock-saison-4

Après de nombreux mois d’absence sur la Biancat’s Room (construction de nouvelle vie oblige), revoilà son hôtesse sur la blogosphère ! Comme souvent, ce ne sont pas les idées de sujets qui manquaient, mais plutôt les opportunités. En repos forcé cette semaine, j’en ai donc profité pour faire fumer mon abonnement Netflix. Pour commencer, j’ai décidé d’achever les affaires en cours et de me mettre à jour de Sherlock, que j’avais abandonnée à sa troisième saison.

Ce n’est pas nouveau, je suis fan de cette relecture des aventures du célèbre détective de Baker Street. La mise en scène ingénieuse, la modernisation très réussie des histoires de Sir Arthur Conan Doyle et le casting parfait m’ont fait succomber dès la première saison (et pas qu’au charme de Benedict Cumberbatch). 4 saisons plus tard, qu’en est-il ?

Un ton plus personnel

Personnage aussi irritant qu’attachant, Sherlock a énormément évolué depuis les débuts. Même s’il s’auto-qualifie toujours de « sociopathe hautement fonctionnel », son humanité ne fait désormais plus aucun doute. Bien sûr, rares sont les personnes qui peuvent se targuer d’avoir aperçu cet aspect de sa personnalité, pourtant celui-ci n’en est pas moins bien tangible. Côté Watson, la vie semble s’être posée : marié à Mary, John est désormais père de la petite Rosamund.  Mais l’aventure, le danger et les ombres du passé et des vieux ennemis ne rôdent jamais bien loin de Baker Street…

sherlock-watson-baby.jpg

Si les premières saisons s’attachaient principalement aux enquêtes et aux capacités intellectuelles hors normes de Sherlock, force a été de constater que les protagonistes ont été de plus en plus impliqués personnellement dans les intrigues, jouant de leur vie plus d’une fois. Cette saison 4 va encore plus loin sur ce terrain, faisant la part belle aux histoires individuelles des personnages, et reléguant parfois les enquêtes au second plan. Est-ce un bien ? D’aucuns diront que non, pour ma part, j’ai adoré cette évolution. Tragédies, personnages poussés dans leurs ultimes retranchements, choix cornéliens, points de non retour, tout y est dans cette saison, pour le plus grand bonheur émotionnel du spectateur.

Une montée en puissance parfaitement orchestrée

À l’attaque de cette nouvelle fournée, le premier épisode, « Les six Thatcher », démarre de façon presque anecdotique, voire cliché. Qu’on ne s’y trompe pas : ce n’est que pour mieux mettre en exergue de puissants enjeux dramatiques et livrer un final poignant, qui colorera tout le reste de la saison et ouvrira directement la porte à l’épisode « Le détective affabulant ».

Impeccablement écrit et interprété (la trame de l’histoire m’a d’ailleurs rappelé les meilleurs Columbo !), avec un cliffhanger que je n’avais absolument pas vu venir, ce deuxième épisode est peut-être le meilleur des trois.

sherlock-mycroft-watson

Pourtant, malgré une crédibilité qui laisse parfois à désirer, le troisième et dernier épisode, « Le dernier problème » est celui que j’ai préféré. Basé sur un secret sombre et marquant du passé de Sherlock, il éclaire le personnage d’un jour nouveau, pour en faire un être presque normal, avec ses fêlures et ses blessures enfouies. Au fil de ce dernier épisode puissant et haletant, on y découvre également un Mycroft ébranlé pour la première fois de la série, lui aussi pétri de faiblesses qu’on ne lui connaissait pas, et un Watson à la fois fort et touchant.

La plus belle bromance sériesque

Au terme de 4 saisons de haute volée, on ne m’ôtera pas de l’idée que la « bromance » Sherlock – Watson (merveilleusement incarnée par le duo Benedict Cumberbatch – Martin Freeman, toujours au top niveau) est la meilleure et la plus touchante toutes séries confondues. Si les premières saisons pouvaient donner l’impression de laisser à Watson un rôle de faire-valoir, c’est la complémentarité profonde des deux hommes qui éclate cette fois à l’écran, comme une évidence : Sherlock a besoin de Watson comme Watson a besoin de Sherlock.

sherlock-watson-saison-4

Fortes de ce constat imparable, les dernières scènes du troisième épisode sonnent presque comme une fin de série. La vie continuera à Baker Street, l’aventure sera toujours au rendez-vous, mais serons-nous là pour y assister lors d’une saison 5 qui risquerait d’être poussive ? Rien n’est moins sûr. Si Sherlock devait s’arrêter là, les scénaristes nous auront offert une magistrale et brillante réinterprétation du mythe, pour moi la meilleure à ce jour.

Baker Street Boys Forever.

22/11/63 : la série

11-22-63 série.jpg

Il y a plusieurs mois de ça, je faisais la critique du roman de Stephen King. J’en avais aimé la touche nostalgique, cette peinture de l’Amérique des années 60, et la petite histoire qui prenait finalement le pas sur la grande. Lorsque j’ai appris que cette petite (ou grosse, vu les presque 1 000 pages du roman) pépite allait être adaptée pour le petit écran, avec James Franco dans le rôle principal et produite par l’incontournable J.J. Abrams, je me suis régalée à l’avance. Verdict : un franc succès.

221163-Stephen King22/11/63, c’est l’histoire de Jake Epping. Sortant à peine d’un divorce, un peu déboussolé, ce professeur de littérature se voit confier la mission par son ami mourant Al Templeton de retourner dans le passé, par un portail temporel dont il a découvert l’existence. L’objectif : éviter l’assassinat du Président John Kennedy. Changer le passé, pour recréer un meilleur présent.

Première bonne surprise : la série reproduit très fidèlement l’esthétique décrite par le King dans son roman. Les 60’s prennent vie dans des tons vifs et colorés, et la série, comme le livre, en présente son côté naïf, tout comme son côté âcre, parfois violent : le racisme, la condition de la femme, la peur de l’étranger. Et bien sûr le contexte historique et politique, qui tient la part belle dans l’histoire. Aux côtés du toujours excellent James Franco, Daniel Webber campe ainsi un Lee Harvey Oswald très crédible, dont, même si ce n’est bien sûr que l’hypothèse retenue par King, on suit le parcours qui le conduira à l’irrémédiable ce 22/11/63 fatidique.

jake-bill-22-11-63

Deuxième bonne surprise : si l’esthétique est respectée, l’histoire s’éloigne, souvent avec bonheur, du matériel initial. Là où le livre s’étalait parfois en longueur, la série a pris le parti d’une narration un peu plus nerveuse. L’ajout du personnage de Bill qui accompagne Jake dans sa mission, interprété par George MacKay, permet ainsi de rendre le récit plus dynamique et plus riche, gommant l’effet de cavalier seul souvent présente dans le livre.

221163-jake-sadieTroisième bonne surprise : le choix de Sarah Gadon dans le rôle de Sadie Dunhill. Délicieuse dans le roman, elle l’est tout autant dans la série, et offre au personnage son merveilleux sourire et son joli regard bleu. Le couple qu’elle forme avec James Franco est attachant dès les premières minutes. Si leur love story n’évite pas les clichés, comment bouder son plaisir devant aussi belle et poignante histoire ?

Quatrième et dernière bonne surprise : la fin. Elle m’a rendue nostalgique pendant au moins une semaine dans le livre, elle a été gardée telle quelle dans la série. À la fois simple, belle et terriblement touchante.

Il va sans dire que rares ont été les bonnes adaptations du King sur petit écran, la dernière déception en date étant la série Under the Dome. 22/11/63 est celle qui fait exception à la règle. Selon moi, une belle réussite.

Jabberwocky : la French Touch se porte bien

Avec le groupe Jabberwocky, il n’est plus besoin de prouver que l’électro-pop à la française n’en a pas fini de trouver des ambassadeurs de talent. Le premier album du trio, Lunar Lane, sorti en octobre 2015, est un véritable voyage entre sons électro, ambiances oniriques, voix diaphanes, le tout porté par des clips forts et parfois dérangeants. Je suis fan. Bon week-end à tous !

Vice-Versa : la claque émotionnelle

Hier soir, les Fripouilles et moi étions en solo, ce qui signifiait une soirée film / pizza / Fanta citron. Au programme : Vice-Versa, dernier Disney Pixar en date. Tellement encensé par la critique (4,4 sur Allociné, excusez du peu), j’avais un peu peur d’être déçue et de passer à côté du phénomène. Eh bien pour moi, c’est un 5, et un grand.

vice-versa-afficheSynopsis : Au Quartier Général, le centre de contrôle situé dans la tête de la petite Riley, 11 ans, cinq Émotions sont au travail. À leur tête, Joie, débordante d’optimisme et de bonne humeur, veille à ce que Riley soit heureuse. Peur se charge de la sécurité,  Colère s’assure que la justice règne, et Dégoût empêche Riley de se faire empoisonner la vie – au sens propre comme au figuré. Quant à Tristesse, elle n’est pas très sûre de son rôle. Les autres non plus, d’ailleurs… Lorsque la famille de Riley emménage dans une grande ville, avec tout ce que cela peut avoir d’effrayant, les Émotions ont fort à faire pour guider la jeune fille durant cette difficile transition. Mais quand Joie et Tristesse se perdent accidentellement dans les recoins les plus éloignés de l’esprit de Riley, emportant avec elles certains souvenirs essentiels, Peur, Colère et Dégoût sont bien obligés de prendre le relais. Joie et Tristesse vont devoir s’aventurer dans des endroits très inhabituels comme la Mémoire à long terme, le Pays de l’Imagination, la Pensée Abstraite, ou la Production des Rêves, pour tenter de retrouver le chemin du Quartier Général afin que Riley puisse passer ce cap et avancer dans la vie… (Source : Allociné)

Outre son idée de base absolument géniale, Vice-Versa n’est ni plus ni moins qu’une véritable bombe émotionnelle. Normal, me direz-vous, vu le thème du film ! Impeccablement écrit, le métrage nous fait plonger allègrement dans les méandres de la psyché de la petite Riley, faisant un parallèle parfait entre le travail intérieur de ses Emotions et le vécu de la petite fille. Instantanément attachants, les petits personnages qui campent ces Emotions sont, sous un aspect enfantin, en réalité croqués avec beaucoup de subtilité et de justesse. Le séisme qui surgit dans la vie de Riley dès le début du métrage touche aussi immédiatement le spectateur, lui assénant un sentiment implacable d’empathie pour cette petite fille déracinée.

Fait surprenant à la fin du film, et même si c’est souvent le cas de l’animation contemporaine, j’ai eu plus que jamais l’impression que le message s’adressait tout autant, voire plus, aux adultes qu’aux enfants. Une impression tenace que le film agissait tel un miroir, traitant de thèmes auxquels nous autres adultes avons tous été confrontés : la perte des repères et des racines, la prise de conscience du monde des grands, l’abandon de l’enfance et l’innocence perdue, le difficile passage à l’adolescence, la fuite du temps, la construction de notre identité profonde par les événements, les émotions, et les souvenirs … la Vie en quelque sorte. Certains passages sont d’ailleurs tellement bien sentis et émouvants qu’ils m’ont tiré à plusieurs reprises quelques (non, j’avoue, de nombreuses) larmes d’émotion (CQFD).

Néanmoins, loin d’être un film uniquement intelligible par les adultes (même si certains concepts, comme l’abstraction, leur était sans nul doute destinés), j’ai pu constater que mes Fripouilles avaient elles aussi été totalement conquises par ce voyage cérébral hors du commun. Intelligent, poignant, ambitieux, génial, inventif, foisonnant, pétillant, … on ne peut tarir de superlatifs devant cette petite merveille tout simplement brillante. Pour moi, un enchantement aux allures de chef d’oeuvre absolu, à côté duquel on ne peut pas passer, et sans doute le meilleur Pixar.

Life changes…

Que de bouleversements dans ma vie ces derniers mois, d’où ma quasi-absence depuis l’été dernier : un papa disparu, une séparation, beaucoup de regrets, un merveilleux amoureux si près et si loin à la fois, des Fripouilles à préserver, une vie entière qui part en miettes et qui reste à réinventer… Beaucoup pour une petite personne. A tel point qu’elle a fini par s’écrouler sans voir venir le gouffre, et par se retrouver une semaine à l’hôpital psychiatrique en burnout total.

Une semaine coupée du monde dans un univers fou et touchant à la fois, avec une Ginette en départ perpétuel chaque jour, un Aouma avec son âme prétendument damnée, une Marie épuisée d’avoir trop travaillé, une Basma en colère contre la Terre entière, et d’autres dont chaque histoire m’a émue. Une semaine de larmes, de remises en question, et de paix, paradoxalement. Une semaine pendant laquelle mon amoureux a traversé la France pour me voir une heure et demi seulement, me prouvant que la pente valait la peine d’être remontée. Une semaine après laquelle mes Fripouilles et moi avons été tellement heureuses de nous revoir.

Dans le même temps, l’actualité du monde est aussi partie à vau-l’eau, presque au diapason de mon tsunami intérieur. Des morts atroces et injustes fin 2015, de tristes départs à peine la nouvelle année commencée (une pensée émue pour Alan Rickman hier, inoubliable Professeur Rogue). C’est donc justement parce que la vie est courte que j’ai décidé de me remettre à écrire dans ce blog, même si j’avoue avoir un peu de mal à reprendre le fil de mon existence. Parce que la vie doit reprendre ses droits, parce que l’adversité ne doit pas finir d’étouffer celle que je suis.

Enfin, parce qu’outre un entourage en or, la musique m’a aussi beaucoup aidée à tenir, voici une récente découverte que je partage avec vous aujourd’hui :

We can be heroes just for one day

Source : We can be heroes just for one day

david_bowie

J’avais posté cet article le 7 décembre 2013, juste après la mort de Nelson Mandela. Aujourd’hui, c’est David Bowie, à qui j’avais fait appel ce jour-là, qui s’en est allé. Les mots me manquent pour commenter le départ de ce monument de la musique, alors je vais simplement reprendre les paroles de Space Oddity :

I’m floating around my tin can

Far above the Moon

Planet Earth is blue

And there’s nothing I can do

Au revoir Mr. Bowie…