Découverte séries : The OA / Travelers

Comme nous sommes encore au mois de janvier, je vous souhaite d’ores et déjà une très belle année 2018 ! Qu’elle vous permette de réaliser quelques rêves et de faire de belles découvertes. C’est donc de découvertes qu’il s’agit aujourd’hui sur la Biancat’s Room, avec deux séries Netflix un peu confidentielles, mais que j’ai néanmoins adorées : The OA et Travelers. Dans les séries fantastiques, qu’on se le dise, il y a bien une vie au-delà de Stranger Things.

The OA

Synopsis : Prairie Johnson réapparaît après sept ans d’absence. Disparue subitement, l’enfant était aveugle ; à son retour, elle ne l’est plus. Qu’a-t-il bien pu lui arriver ? C’est ce que vont tâcher de découvrir son entourage, la science et même le FBI. (Source : Allociné)

Affiche-THE-OA

Sortie dans la discrétion fin 2016, la série de Zal Batmanglij et Brit Marling a des allures d’OTNI (Objet Télévisuel Non Identifié). Démarrant comme un drame familial, la série emprunte peu à peu des chemins étranges et inattendus.

À son retour après 7 ans d’absence, Prairie Johnson peine à reprendre sa place dans un quotidien au sein duquel elle n’a plus vraiment de repères. Elle semble également investie d’une mystérieuse mission pour laquelle elle doit recruter 5 personnes, 5 personnes à qui elle commence à raconter son histoire, levant le voile sur un incroyable récit. C’est donc pendus aux lèvres de Prairie, tout comme ses 5 comparses, que nous traversons les 10 épisodes du show. Certaines histoires méritant d’être découvertes sans trop en savoir à l’avance, pour préserver le mystère, il est préférable de ne pas en dire trop. Il faut juste se laisser porter et croire… ou pas. Affabulation ? Réalité ? Délire ? Telles sont les questions qui nous taraudent ainsi pendant que Prairie livre ses souvenirs des 7 années passées.

La force de la série est bien sûr son  scénario ambitieux, où se mêlent drame humain, enquête policière et mysticisme. The OA affiche en effet une spiritualité très personnelle, jusqu’au-boutiste, qui nous mène aux frontières de la vie et de la mort, au-delà de toutes croyances, et peut fasciner ou rebuter irrémédiablement. Portée par l’interprétation habitée de Brit Marling, ce récit métaphysique se déroule avec lenteur, pour mieux envoûter le spectateur, et se termine dans une envolée rarement vue à la télévision.

À l’instar d’une série comme The Leftovers, l’enjeu n’est pas de tout comprendre, mais de ressentir. Le visionnage terminé, il faut un peu de temps pour analyser ce que l’on vient de voir, avec finalement une seule certitude, celle d’avoir vécu une expérience hors normes, et une seule envie, celle de voir jusqu’où la série nous emmènera lors de sa saison 2, dont le tournage vient tout juste de démarrer.

Travelers

Synopsis : Des centaines d’années dans le futur, des hommes parviennent à se téléporter au XXIème siècle en prenant pour hôtes des personnes sur le point de mourir. La nouvelle équipe de voyageurs doit remplir un certain nombre de missions pour empêcher la destruction de l’humanité à venir. Dans l’intervalle, chacun doit se glisser dans la peau de son hôte sans éveiller de soupçons : une jeune maman battue par son époux, un agent du FBI, un junkie, un lycéen et… une déficiente mentale. (Source : Allociné)

 

Sur Netflix, cette petite série canadienne s’appelle Les voyageurs du temps, et c’est la raison pour laquelle j’ai mis du temps à la visionner. Malgré tout, sous ce titre peu vendeur en français, se cache une pépite à côté de laquelle il serait dommage de passer.

Ici, point d’effets spéciaux tape-à-l’oeil ou de visions apocalyptiques du futur. La série se déroule dans le présent et repose moins sur le visuel que sur son scénario et ses personnages. Comme dans toute série sur les voyages temporels qui se respecte, les possibilités de narration sont quasi-infinies et si l’histoire se complexifie parfois et n’évite pas quelques paradoxes, l’ensemble reste toujours très excitant, alternant action et moments plus intimistes, le tout saupoudré d’un humour plutôt sympathique.

Au-delà de son postulat de base purement SF, ce qui fait aussi l’intérêt et la différence de la série, ce sont les relations qu’entretiennent les voyageurs avec leurs hôtes, ou du moins avec leur vie et leurs proches. Les voyageurs ont en effet pour ordre de n’apporter que le minimum de modifications au présent, hormis les changements ordonnés par leur mystérieux Directeur, à travers les différentes missions qu’ils doivent accomplir. Et quand il s’agit de concilier la mission avec la vie quotidienne, l’exercice s’avère parfois compliqué. Une sorte de Code Quantum (une de mes toutes premières passions sériesques ❤ ) mâtiné de Mission Impossible en quelque sorte.

Pour incarner ces agents du futur, le casting est plutôt réussi, d’un Eric McCormack en agent du FBI charismatique à la tête de son équipe de voyageurs, à Jared Abrahamson, excellent dans le rôle d’un vieil homme débarqué dans le corps d’un athlète de 17 ans, en passant par la belle MacKenzie Porter ou l’attachant Patrick Gilmore.

Pour vous faire une idée, visionnez ne serait-ce que le pilote, qui donne un avant-goût appétissant de la série, et … welcome to the 21st century.

 

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Georgia on my mind – Ray Charles

Un merveilleux morceau, dont je vous propose aujourd’hui un clip un peu spécial, à la sauce Code Quantum. Cette chanson me rappelle toujours cette scène bouleversante où Al et Beth dansent, séparés par plusieurs dimensions, mais ensemble par le coeur.

Mon top 10 des « bromances »

Bromance : On qualifie de bromance une amitié forte entre deux hommes hétérosexuels, similaire à une relation amoureuse mais sans composante sexuelle. (source : wikipédia) 

Je ne sais pas vous, mais moi, les amitiés masculines à l’écran me font complètement craquer. En plus, en ce moment, j’ai envie de parler d’amour, et de rire. Moins gnangnans que les filles, quand les bros s’aiment, ils sont prêts à tout faire l’un pour l’autre, et leurs hugs virils ont toujours quelque chose d’émouvant. Panorama de mes bromances préférées :

1 – La plus « I.am.not.gay » : Sherlock Holmes & John WatsonSherlock

La bromance la plus chouette du moment, dans le show le plus classe du moment. Dans la série, tout le monde les croit gays, et ça n’a (presque) pas l’air de les déranger. Quand ils volent au secours l’un de l’autre, qu’ils montrent une pointe de jalousie, ou qu’ils se font des déclarations enflammées, ils sont irrésistibles.

Sherlock

 Martin Freeman et Benedict Cumberbatch

 

2 – La plus « Family business » : Sam & Dean WinchesterSupernatural

Frères à la vie à la mort, ils se déchirent depuis dix ans. A leur décharge, il faut dire que la chasse aux monstres de tous poils, ça met parfois de mauvaise humeur. Mais qu’importe leurs différends, ils s’aiment : family doesn’t end with blood, on vous dit.

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Jensen Ackles et Jared Padalecki

 

3 – La plus « Z-bromance » : Rick Grimes & Daryl DixonThe Walking Dead 

Ces deux-là n’échangent jamais plus de trois phrases par épisode, mais combattre des zombies ensemble, ça crée des liens forts. Alors quand Rick sort un « You’re my brother » de derrière les fagots à Daryl, on a forcément un peu la larme à l’oeil.

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Andrew Lincoln et Norman Reedus

 

4 – La plus « Oh Boy » : Sam Beckett & Al CalaviciCode Quantum

L’un voyage dans le temps, l’autre est un hologramme. Leur amitié était donc irrémédiablement platonique. N’empêche que des années après, leur duo reste une des bromances les plus touchantes de la télévision.

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Dean Stockwell et Scott Bakula

 

5 – La plus « Deux bombes, une fille » : Damon & Stefan SalvatoreThe Vampire Diaries

Pour peu qu’on ait déjà regardé The Vampire Diaries, on a toutes déjà détesté Elena Gilbert, même si on lui accorde le fait que choisir entre le sexy Damon et le doux Stefan revient à faire un choix entre une jambe en mousse et des bras de neuf mètres. A vie. Heureusement, l’amour fraternel l’emporte toujours.

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Ian Somerhalder et Paul Wesley

 

6 – La plus « How you doin’ ? » – Chandler Bing et Joey Tribbiani – Friends

Ils ont eu un fauteuil prénommé Rosita, élevé un poussin et un canard, porté du rouge à lèvres pour homme, oublié un bébé dans un bus… Des trucs qu’on ne peut faire qu’avec un bro, un vrai. Joey & Chandler forever.

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Matthew Perry et Matt LeBlanc

 

7 – La plus « Live long and prosper » : James Kirk & SpockStar Trek

A la sauce vintage ou à la sauce J.J. Abrams, l’union de la fougue et de la raison donne une bromance qui fonctionne depuis plus de 50 ans déjà. Respect.

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De gauche à droite : Leonard Nimoy / William Shatner – Zachary Quinto / Chris Pine

 

8 – La plus « Have you met Ted ? » : Barney Stinson & Ted MosbyHow I met your mother

On ne pouvait pas passer dans ce classement à côté de l’auteur du Bro Code*, Barney Stinson lui-même. Parce qu’il y a quelques règles de base à suivre pour inscrire sa bromance dans le temps.

* Le code des potes

HOW I MET YOUR MOTHER

Neil Patrick Harris et Josh Radnor

 

9 – La plus « Lupus ou sarkoïdose ? » – Gregory House & James WilsonDr. House

Wilson détient la palme du « Mon meilleur ami est imbuvable et ingrat » (même si, avouons-le, le meilleur ami en question, on le trouve quand même super attachant). Rien que pour ça, il mérite sa place ici.

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Robert Sean Leonard et Hugh Laurie

 

10 – La plus « It’s a brainy day » – Leonard Hopfstadter & Sheldon CooperThe Big Bang Theory

A un moment donné, quand on a un QI de 187 comme Sheldon, ça devient compliqué d’avoir des amis qui vous comprennent. Alors quand on en trouve un, on le bichonne (ou pas).

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Johnny Galecki et Jim Parsons

 

Bonus :

La plus « mecs en collants » : Batman & Robin

Celle-là, c’est parce que j’adore ces deux acteurs et que The Dark knight rises m’a donné l’eau à la bouche quant à une bromance qui serait drôlement sympa.

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Christian Bale et Joseph Gordon-Levitt

 

La plus « Devine qui vient dîner ce soir ? » : Hannibal Lecter & Will GrahamHannibal

Ok, c’est un peu exagéré de classer ce couple-là dans les bromances,  surtout qu’avec Hannibal, on ne sait jamais si on va être le convive ou le plat de résistance. Pour autant, leur face-à-face est l’un des plus fascinants vus sur petit écran. Vous en reprendrez bien un peu ?

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Hugh Dancy et Mads Mikkelsen

 

Et vous, quelle est la bromance qui vous fait fondre ?

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Atteindre l’inaccessible étoile

Merveilleux morceau, merveilleux texte, merveilleux artiste… et une grosse pensée pour toi Elisabeth 🙂

Et pour les nostalgiques de la série Code Quantum (= moi), petit souvenir avec la belle version de Scott Bakula (à 4:00), dans l’épisode La Chute de l’étoile / Catch a falling star :

Rêver un impossible rêve /To dream the impossible dream
Porter le chagrin des départs / To fight the unbeatable foe
Brûler d’une possible fièvre / To bear with unbearable sorrow
Partir où personne ne part / To run where the brave dare not go

Aimer jusqu’à la déchirure / To right the unrightable wrong
Aimer, même trop, même mal / To love pure and chaste from afar
Tenter, sans force et sans armure / To try when your arms are too weary
D’atteindre l’inaccessible étoile / To reach the unreachable star

Telle est ma quête / This is my quest
Suivre l’étoile / To follow that star
Peu m’importent mes chances / No matter how hopeless
Peu m’importe le temps / No matter how far
Ou ma désespérance / To fight for the right
Et puis lutter toujours / Without question or pause
Sans questions ni repos se damner / To be willing to march into Hell
Pour l’or d’un mot d’amour / For a heavenly cause

Je ne sais si je serai ce héros / And I know if I’ll only be true 
Mais mon cœoeur serait tranquille / To this glorious quest
Et les villes s’éclabousseraient de bleu / That my heart will lie peaceful and calm
Parce qu’un malheureux / When I’m laid to my rest
Brûle encore, bien qu’ayant tout brûlé / And the world will be better for this
Brûle encore, même trop, même mal  / That one man, scorned and covered with scars
Pour atteindre à s’en écarteler / Still strove with his last ounce of courage
Pour atteindre l’inaccessible étoile / To reach the unreachable star

Supernatural / Code Quantum : radiographie de mes deux séries préférées

Dans ma vie télévisuelle, il y a trois catégories de séries : celles que j’aime bien, celles que j’aime beaucoup et celles dont je suis ultra-fan. Dans cette dernière catégorie, en fait il n’y en a que deux : Code Quantum dans les années 90 et Supernatural aujourd’hui. Si je m’écoutais (et si j’avais encore l’âge) je mettrais des posters des frères Winchesters sur les murs de ma chambre et je me ferais des tatouages Malabar en forme de pentacle anti-démons ^^.

Plus sérieusement, j’ai toujours pensé inconsciemment qu’il y avait des points communs dans ces deux séries que j’adore, même si les scenarii de base sont très différents. D’un côté, un scientifique, Sam Beckett, sautant de corps en corps grâce à une machine à remonter le temps pour réparer les erreurs du passé dans la vie d’inconnus (ou pas) : pour cela, il est épaulé par un hologramme, Al, qui appartient au présent et qui le guide dans l’accomplissement de ses missions, grâce à un super-ordinateur dénommé Ziggy. De l’autre, les aventures de deux chasseurs de créatures surnaturelles, Sam et Dean Winchester, qui vont être amenés au fil des saisons à sauver le monde à plusieurs reprises.

A priori, hormis l’aspect fantastique, pas grand chose de commun à première vue. Et pourtant, en finissant il y a quelques jours la saison 6 de Supernatural pour la deuxième fois, j’ai trouvé de nombreuses analogies, des points communs pour lesquels certainement j’aime autant ces deux séries.

Des héros attachants qui se ressemblent

Les deux séries ont pour premier point commun des personnages pour lesquels on se prend très rapidement d’affection, et qui prennent de la profondeur au fur et à mesure qu’on en apprend sur leur histoire et leurs motivations.

beth

  • Je ne peux pas m’empêcher de faire le rapprochement entre les personnalités de Al (Dean Stockwell) et Dean Winchester. Ces deux personnages ont comme caractéristique un grand détachement apparent, une dérision permanente et un côté coureur de jupons. Dans les deux cas, on découvre petit à petit qu’il ne s’agit que d’une cuirasse, un masque pour cacher des fêlures plus profondes. Ainsi, dans le magnifique et émouvant épisode ‘Beth’ (M.I.A) de Code Quantum, on apprend qu’Al avait été dans sa jeunesse déclaré mort à la guerre du Viêt-Nam et que suite à ça, Beth, l’amour de sa vie, s’était remariée et que cela avait influencé tout le reste de sa vie, ses nombreux remariages tout d’abord, et surtout sa participation au projet Code Quantum.

Dans Supernatural, les épisodes flashbacks relatant l’enfance des deux frères éclairent Dean sous un nouveau jour : un jeune garçon sans mère, avec un père chasseur toujours absent, et ayant quasiment dû élever seul son petit frère Sammy. On comprend donc au fur et à mesure que cette personnalité légère en apparence cache un jeune homme accablé dès son plus jeune âge sous le poids des responsabilités.

  • En face des deux Dean, on retrouve deux Sam qui représentent la figure du personnage vertueux aux bonnes intentions, même si dans Supernatural, ces bonnes intentions pousseront Sam à faire de mauvais choix.
  • La figure du guide : c’est un item important dans les deux séries. Comme Sam ne serait rien sans Al et l’ordinateur Ziggy dans Code Quantum, les frères Winchester ne seraient rien sans leur père et son journal de bord, puis sans Bobby, leur père de substitution, et ses livres, ensuite. Ces figures de père / guide sont un des piliers des deux séries, et j’avoue de ce fait avoir été un peu déstabilisée lors de la disparition de Bobby dans la saison 7, peut-être une façon de dire qu’ils avaient passé suffisamment d’épreuves pour devenir adultes ?

Un monde façonné par les héros de la série

Dans Code Quantum, Sam sauve l’existence de parfaits inconnus, mais il croise également souvent des personnalités (Elvis Presley, Marilyn Monroe, le jeune Michael Jackson, JFK dans un double épisode très prenant, …) et au fil des épisodes, on commence à se rendre compte que nous vivons dans un monde modifié par Sam Beckett. Qui sait d’ailleurs s’il n’a pas investi un jour le corps d’un de nos proches pour changer un futur funeste ?

De la même façon dans Supernatural, nous vivons dans un monde en permanence sauvé du gouffre par les Winchesters. Cela même si l’épisode ‘A french mistake’ (Arrêt sur image), en parachutant les frères Winchester dans un monde parallèle où ils sont acteurs et non chasseurs, et où le surnaturel et la magie n’existent pas, laisse planer le doute quant au monde dit réel.

L’altruisme, le sacrifice et la destinée

Dans les deux séries, il est peu de notions plus importantes que celles de l’altruisme, voire même, dans Supernatural, du sacrifice : sacrifice pour sauver sa famille, sacrifice pour donner une seconde chance à un proche, sacrifice pour sauver le monde. Dans les deux séries, les exemples sont légion où chacun des personnages n’hésitent pas à s’oublier au nom d’un idéal plus grand.

On peut citer dans Code Quantum l’épisode ‘Bond en arrière’ (The leap back) où Al et Sam, frappés par la foudre, prennent la place l’un de l’autre : Sam retrouve enfin le présent mais, au final, n’hésite pas à reprendre sa place de voyageur pour sauver la vie d’Al. On peut également citer le dernier épisode de la série ‘Le grand voyage’ (Mirror image) où Sam révèle à Beth qu’Al n’est pas mort au Viêt-Nam et qu’il reviendra. Sachant qu’il est fort probable qu’avec cette révélation, Al décide ainsi de ne pas participer à l’expérience Code Quantum et que Sam perde le guide de ses voyages temporels (présent alternatif qu’on avait déjà entraperçu avec un autre observateur en lieu et place d’Al aux commandes de Ziggy).

Dans Supernatural, chacun des personnages principaux s’est au moins sacrifié une fois, c’est même une spécificité de la série et on ne compte plus les pactes scellés avec les démons. Les exemples sont nombreux : le père, John, allant en enfer pour sauver son fils Dean (saison 2), Dean y allant pour sauver son frère Sam (saison 3), Sam s’enfermant dans la cage de Lucifer pour sauver le monde de l’Apocalypse (saison 5), sans compter les nombreuses tractations avec l’âme de Bobby, toujours prêt à tout pour sauver ses garçons. Dans cette série, on pourrait même dire que le sacrifice est une seconde nature.

Ce sens de l’extrême dévouement est dû à des relations très fortes entre les personnages. Dans Code Quantum, Al est le seul lien de Sam avec le présent, et ils développent au fil des saisons une relation quasi-fraternelle. Quant aux personnages de Supernatural, ils sont prêts ni plus ni moins à mourir les uns pour les autres. Ainsi, Dean dit un jour à Sam : ‘Watching out for you, it’s kinda been my job, you know. But more than that, it’s kinda who I am’. De beaux idéaux en somme.

Dans les deux séries, chacun des héros sacrifie également sa vie entière pour la mission. Mais si le sacrifice est subi au départ, il finit par devenir un choix et en quelque sorte une acceptation du destin (même si dans Supernatural les personnages se jouent souvent de la destinée, en mettant en avant la notion de libre-arbitre). Sam et Dean vont ainsi devoir renoncer à une vie normale pour accomplir leur ‘job’. Sam en renonçant à ses études de droit lors de la saison 1 après la mort de sa petite amie Jessica et Dean en renonçant à sa vie rangée avec Ben et Lisa en début de saison 6. Hunting things. Save people. Family Business.

Quant à Sam Beckett, il finit également par accepter sa mission d’ange gardien et par-là même par renoncer à jamais à une vie normale. On le comprend par la toute dernière image de la série qui indique que ‘Le Docteur Beckett n’est jamais rentré chez lui’.

La recherche d’un paradis perdu

samDans Supernatural, on parle beaucoup des anges et du paradis. Pourtant, ce n’est pas de ce paradis-là qu’il s’agit. Que ce soit un passé hypothétique si les choses avaient tourné autrement ou un véritable passé heureux, la recherche du paradis perdu est un thème récurrent dans les deux séries, donnant à certains épisodes une coloration nostalgique parfois très émouvante.

Dans Supernatural, on pourra citer l’épisode où Dean, dans une illusion créée par un djinn, se retrouve dans un passé parallèle où sa mère ne serait pas morte et où Sam et lui auraient une vie simple et rangée. Ou encore à leurs tentatives d’avoir une vie normale, avec Lisa ou Amelia. Dans Code Quantum, on pense bien sûr au double épisode ‘La famille avant tout’ (The leap home), où Sam se retrouve dans son propre passé, dans son corps d’adolescent, à une période heureuse avant que les malheurs ne s’abattent sur sa famille : une frère mort à la guerre et une soeur mariée à un homme violent.

De multiples références à la culture américaine

Chacune à leur façon, les deux séries sont très ancrées dans la culture américaine et les clins d’oeil sont très nombreux, ce qui les rend si agréables à regarder.

Dans Code Quantum, Sam se balade dans plusieurs décennies de l’histoire américaine et il est parfois amené à croiser des personnalités : c’est donc lui qui apprendra le Moonwalk au jeune Michael Jackson, ou qui inspirera la chanson Peggy Sue à Buddy Holly. Certains épisodes font également référence à d’autres films ou séries cultes  : l’épisode ‘Au revoir mon ange’ (Good night, dear heart), par exemple, largement inspiré de l’ambiance Twin Peaks ou encore l’épisode ‘L’ange’ (What a wonderful leap) qui n’est pas sans rappeler les films de Frank Capra.

Dans Supernatural, les clins d’oeil parcourent également toute la série, des faux noms utilisés par Dean et Sam quand ils se font passer pour des agents du FBI, qui sont souvent empruntés à des artistes rock américains, aux hommages aux classiques du cinéma fantastique américain (Un jour sans fin, Retour vers le futur, Ghost, les films de zombies…).

En attendant God(ot)

Dans les deux séries, même si c’est à mots couverts dans Code Quantum, le rôle de Dieu est important. On subodore à la fin de la série que c’est Lui qui guidait les sauts de Sam et qu’Il est incarné par Al le barman dans le tout dernier épisode.sam lucifer

Dans Supernatural, le personnage de Dieu (qu’on ne voit jamais et dont on suppose qu’Il serait parti, voire même mort) incarne la figure du père absent, en parallèle avec le père absent des Winchesters.

Ainsi, à partir de simples séries d’aventures fantastiques, on atteint parfois une dimension presque spirituelle :

– à la fin de la série dans Code Quantum, où le Al’s bar est une sorte de métaphore du paradis et où Sam est intronisé ange gardien

– à la fin de la saison 5 dans Supernatural – qui devait être initialement la fin de la série – avec le sacrifice de Sam pour remettre Lucifer dans sa cage et arrêter ainsi l’apocalypse, dans une scène d’une grande force émotionnelle.

Enfin, on ne peut pas passer à côté de l’omniprésence du prénom Sam(uel). Prénom des héros tout d’abord : Sam Beckett / Sam Winchester. Mais aussi le grand-père des deux frères, Samuel Campbell, le fameux Samuel Colt, inventeur de l’arme du même nom, et même l’ange Samandriel dans la saison 8 qui peut être considéré lui aussi comme un ‘Sam’.

Si on se penche un peu sur le prénom Samuel, on apprend que sa forme ancienne ‘Shemuel’ peut être interprétée au sens de « Le nom de Dieu ». Par ailleurs, on peut lire dans le portrait chinois du prénom que les Samuel sont épris de merveilleux et de magique et qu’ils se passionnent pour l’étrange, le fantastique, la science-fiction. Ils savent également faire preuve d’un sens poussé du dévouement envers ceux qu’ils aiment ou envers une noble cause et ils sont très altruistes. Voilà qui décrit bien les Sam des deux séries.

Enfin, dans Code Quantum, le nom de Sam Beckett rappelle bien sûr l’auteur de la pièce ‘En attendant Godot’. Même si l’écrivain s’en est toujours défendu, on ne peut pas s’empêcher de voir en Godot un jeu de mots sur le mot ‘God’… et la boucle est bouclée !

En conclusion, deux séries très différentes, donc, mais dont les grandes thématiques se rejoignent beaucoup. Et puis, comment résister aux ‘puppy eyes’ des deux Sam ? ^^

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