Vice-Versa : la claque émotionnelle

Hier soir, les Fripouilles et moi étions en solo, ce qui signifiait une soirée film / pizza / Fanta citron. Au programme : Vice-Versa, dernier Disney Pixar en date. Tellement encensé par la critique (4,4 sur Allociné, excusez du peu), j’avais un peu peur d’être déçue et de passer à côté du phénomène. Eh bien pour moi, c’est un 5, et un grand.

vice-versa-afficheSynopsis : Au Quartier Général, le centre de contrôle situé dans la tête de la petite Riley, 11 ans, cinq Émotions sont au travail. À leur tête, Joie, débordante d’optimisme et de bonne humeur, veille à ce que Riley soit heureuse. Peur se charge de la sécurité,  Colère s’assure que la justice règne, et Dégoût empêche Riley de se faire empoisonner la vie – au sens propre comme au figuré. Quant à Tristesse, elle n’est pas très sûre de son rôle. Les autres non plus, d’ailleurs… Lorsque la famille de Riley emménage dans une grande ville, avec tout ce que cela peut avoir d’effrayant, les Émotions ont fort à faire pour guider la jeune fille durant cette difficile transition. Mais quand Joie et Tristesse se perdent accidentellement dans les recoins les plus éloignés de l’esprit de Riley, emportant avec elles certains souvenirs essentiels, Peur, Colère et Dégoût sont bien obligés de prendre le relais. Joie et Tristesse vont devoir s’aventurer dans des endroits très inhabituels comme la Mémoire à long terme, le Pays de l’Imagination, la Pensée Abstraite, ou la Production des Rêves, pour tenter de retrouver le chemin du Quartier Général afin que Riley puisse passer ce cap et avancer dans la vie… (Source : Allociné)

Outre son idée de base absolument géniale, Vice-Versa n’est ni plus ni moins qu’une véritable bombe émotionnelle. Normal, me direz-vous, vu le thème du film ! Impeccablement écrit, le métrage nous fait plonger allègrement dans les méandres de la psyché de la petite Riley, faisant un parallèle parfait entre le travail intérieur de ses Emotions et le vécu de la petite fille. Instantanément attachants, les petits personnages qui campent ces Emotions sont, sous un aspect enfantin, en réalité croqués avec beaucoup de subtilité et de justesse. Le séisme qui surgit dans la vie de Riley dès le début du métrage touche aussi immédiatement le spectateur, lui assénant un sentiment implacable d’empathie pour cette petite fille déracinée.

Fait surprenant à la fin du film, et même si c’est souvent le cas de l’animation contemporaine, j’ai eu plus que jamais l’impression que le message s’adressait tout autant, voire plus, aux adultes qu’aux enfants. Une impression tenace que le film agissait tel un miroir, traitant de thèmes auxquels nous autres adultes avons tous été confrontés : la perte des repères et des racines, la prise de conscience du monde des grands, l’abandon de l’enfance et l’innocence perdue, le difficile passage à l’adolescence, la fuite du temps, la construction de notre identité profonde par les événements, les émotions, et les souvenirs … la Vie en quelque sorte. Certains passages sont d’ailleurs tellement bien sentis et émouvants qu’ils m’ont tiré à plusieurs reprises quelques (non, j’avoue, de nombreuses) larmes d’émotion (CQFD).

Néanmoins, loin d’être un film uniquement intelligible par les adultes (même si certains concepts, comme l’abstraction, leur était sans nul doute destinés), j’ai pu constater que mes Fripouilles avaient elles aussi été totalement conquises par ce voyage cérébral hors du commun. Intelligent, poignant, ambitieux, génial, inventif, foisonnant, pétillant, … on ne peut tarir de superlatifs devant cette petite merveille tout simplement brillante. Pour moi, un enchantement aux allures de chef d’oeuvre absolu, à côté duquel on ne peut pas passer, et sans doute le meilleur Pixar.

Film : Jack et la mécanique du coeur

Pour ceux à qui je ne l’ai pas encore souhaitée, une merveilleuse année 2015 à tous ! Au-delà des bonnes choses habituelles (que je vous souhaite quand même, bien sûr 😉 ), j’espère surtout que cette année, vous serez surpris : par la Vie, par vous-mêmes, par vos rencontres, et par vos découvertes !

Et puisqu’on parle de découvertes… J’ai vu cette semaine, au cours de mes après-midis « canap’ de Noël » avec mes fripouilles, le film d’animation Jack et la Mécanique du coeur, sorti en 2013.

jack-et-la-mecanique-du-coeurL’histoire : « Édimbourg 1874. Jack naît le jour le plus froid du monde et son cœur en reste gelé. Le Docteur Madeleine le sauve en remplaçant son cœur défectueux par une horloge mécanique. Il survivra avec ce bricolage magique à condition de respecter 3 lois : premièrement ne pas toucher à ses aiguilles, deuxièmement maîtriser sa colère et surtout ne jamais Ô grand jamais, tomber amoureux. Sa rencontre avec Miss Acacia, une petite chanteuse de rue, va précipiter la cadence de ses aiguilles. Prêt à tout pour la retrouver, Jack se lance tel un Don Quichotte dans une quête amoureuse qui le mènera des lochs écossais, à Paris jusqu’aux portes de l’Andalousie.  » (source : Allociné)

Pour la petite histoire, c’est Mathias Malzieu, chanteur et guitariste du groupe Dionysos, qui a réalisé lui-même ce film d’animation, directement inspiré de son livre La Mécanique du coeur, et de l’album éponyme du groupe. Un mélange surprenant, à la fois magique et triste.

Dès la première scène, on est conquis par la beauté des images – magnifiques paysages d’hiver, superbe Edimbourg –  qui font immanquablement penser à l’univers burtonien. Pourtant, le film s’en éloigne aussi avec les premières notes de musique, composées par Dionysos, qui surprennent pour un film de ce genre. Je l’avoue, j’ai eu du mal au départ car la musique du groupe, peu onirique, ni même très mélodieuse, mais toutefois très présente, dénote un peu avec cet univers fantastique. De même, les voix ne sont pas toujours en accord avec les personnages, trop impersonnelles (Jack, doublé par Mathias Malzieu) ou trop typées (Joe, doublé par Grand Corps Malade). Puis avec l’apparition de Georges Méliès (excellent Jean Rochefort), personnage lunaire et farfelu, et de l’irrésistible Miss Acacia, interprétée par la délicieuse Olivia Ruiz, on finit par se laisser emporter par l’ambiance steampunk / gothique et par le romantisme de l’histoire de Jack à la recherche de sa Dulcinée. Visuellement, à côté des images numériques, certes très belles, et des visages un peu trop lisses, la bonne idée vient des scènes de train, animées à l’ancienne, conférant une inventivité et une fraîcheur bienvenues au film.

Pourtant, malgré de nombreuses qualités, le métrage se révèle un peu long et manque d’un peu de souffle et de densité pour emporter totalement l’adhésion. En outre, sa noirceur ne le destine pas vraiment aux jeunes enfants. Défauts que l’on oublie néanmoins lorsqu’on arrive à la scène de fin, émouvante et poétique, qui conclut l’histoire de Jack en nous laissant avec un petit pincement au coeur.