Le bruit du monde

Ce tumulte, mes oreilles et mon cœur en crèvent
Cent fois, mille fois, j’ai cru lire les mêmes phrases.
criPlus rien ne se crée, les mots reviennent sans fin
Telle une ronde menée par des êtres fantômes.

Etourdie par le vacarme, je n’entends plus,
Chaque cellule de mon être n’aspire qu’au silence
Le silence, seul endroit décent pour aller mal,
Où les coups de la douleur sont démultipliés
Mais paradoxalement plus doux, comme étouffés.

Plus rien n’existe que les grondements sourds
De la bête tapie, prête à bondir
Dans un torrent de fureur et de larmes.
Elle râle, sa plainte est lancinante
Et pourtant si belle dans sa mélancolie.

Que se passe-t-il quand le bruit du monde s’est tu ?
Finis les masques, les effets de manche,
Seulement l’angoisse d’une vie blanche
Et à l’intérieur, plus personne à qui dire ‘tu’.

L’atelier d’écriture chez Asphodèle : Fin d’un monde

plumes asphodele

Et voilà la fournée des mots collectés cette semaine chez Asphodèle : temps, vie, chanson, rien, diva, furibond, montagne, souffle, pollution, tempête, ballade, léger, envoyer, courant, bulle, prendre, gonfler, voleter, brèche, blesser, balançoire.

J’ai utilisé tous les mots mais j’ai malgré tout un peu triché puisque j’ai transformé ‘envoyer’ en ‘renvoyer’. Vous me direz que je ne manque pas d’air, en même temps, c’était le thème de la semaine ! ^^

Voici donc ma participation :

‘Eclatée, la bulle fragile qui nous maintenait en vie,
Trop grande était la brèche que nous avions ouverte.
Diva furibonde et blessée, tu t’es rebellée
Pour nous renvoyer au néant.

Plus de chanson qui résonne dans le soir.
Adieu jupes gonflées qui voletaient au vent léger,
Adieu balançoires et rires d’enfants…

Les tempêtes se sont apaisées.
Seule chante désormais la ballade de tes rivières
Courant dans les montagnes.
Le mot pollution est resté au passé…

Si longtemps tu nous as supportés
Et tu respires enfin.
Notre existence aura passé le temps d’un souffle,
Le temps d’un rien.
Tu n’as pas eu d’autre choix que de la prendre
Pour pouvoir vivre.

Nous avions choisi de mourir.’