J’étais là – Zazie

Je suis une grande fan de Zazie depuis de nombreuses années. C’est d’ailleurs avec un immense plaisir que je l’ai découverte hier soir en nouvelle jurée de l’émission The Voice, sensible, drôle, pleine d’esprit, simple.

Cette chanson de l’album Totem (2007) – une de mes préférées – se reçoit comme un coup de poing dans l’estomac et résonne de façon particulière à la lumière des récents événements. Et elle pose la question qu’on est nombreux à se poser aujourd’hui : maintenant, nous, que faisons-nous ?

Publicités

Si Zazie le dit…

Il y a deux nuits j’ai rêvé d’un ancien amoureux. Une histoire brève mais intense. C’était un rêve singulier, dans lequel je me promenais au bord de la mer avec mes filles, et où je tombais sur lui par hasard. Après avoir hésité à se parler, on se demandait vaguement des nouvelles l’un de l’autre, on se parlait de nos vies actuelles, puis rapidement on ne savait plus quoi dire ni quoi faire, hormis échanger quelques sourires gênés.

T’as pas changé, qu’est-ce que tu deviens ? Tu t’es marié, t’as trois gamins…

Avant ce rêve, les quelques fois où il m’était arrivé de repenser à lui, c’était comme à un personnage de roman, comme si l’histoire n’avait été qu’inventée et pas réellement vécue. Il faut dire que ça remonte à loin maintenant, raison de plus pour m’interroger sur le pourquoi de cette incursion nocturne.

En y repensant, j’ai réalisé qu’au cours de notre parcours amoureux, on sème par-ci par-là, au gré des histoires – grande épopée romantique ou histoire fugitive -, des bribes de nos coeurs, tels des petits poucets. Et en général, personne ne nous les rend. Alors parfois, ces bulles éclatent sans crier gare, laissant remonter un souvenir ou deux à la surface, étrangement vivace ou totalement embrumé.

Même quand la mémoire s’est assoupie, même quand les amours anciennes sont mortes depuis longtemps, comme le chante Zazie avec beaucoup de simplicité et de justesse, les traces, elles, sont toujours là.

Zazie – Ca – Album Totem (2007)

On oublie les adresses
Comme les gens qui nous blessent
On oublie sans cesse
Les jours d’anniversaire et nos clés, les repères, on les perd
On oubliera les chaînes de nos vies qui se traînent
On oublie quand même
Mais il est une chose à laquelle nous resterons fidèles

Les yeux, la voix, les mains, les mots d’amour ça reste là
Le jour et l’heure, la peau, l’odeur, l’amour ça reste là
C’est fort encore 
C’est mort d’accord
Mais ça ne s’oublie pas 
Ne s’oublie pas, ça
On n’oublie pas